18 juin 2019

Tout s'explique

Le gouvernement présente la réforme de l’assurance chômage

Quelles sont les mesures annoncées pour réformer l’indemnisation du chômage ?

Le Premier ministre, Édouard Philippe, et la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, ont présenté ce midi la réforme de l’assurance chômage. Elle sera adoptée par décret « d’ici la fin de l’été », prévoit le gouvernement. Celui-ci avait repris le contrôle de cette réforme après l’échec en février des négociations entre les partenaires sociaux. Les principales mesures concernent l’indemnisation du chômage. Pour y avoir accès, il faudra désormais avoir travaillé six mois durant les 24 mois écoulés, au lieu de quatre mois sur les 28 écoulés. La base de calcul sera revue, pour « qu’il ne soit plus possible d’avoir une indemnisation du chômage qui soit supérieure à la moyenne des revenus du travail », selon le ministère du Travail. Comme l’avait proposé Emmanuel Macron lors de sa campagne, les salariés démissionnaires et les travailleurs indépendants pourront avoir accès à l’assurance chômage, mais avec des conditions restrictives.

Qu’est-il prévu pour les entreprises ?

La réforme prévoit également l’instauration d’un « bonus-malus » pour les entreprises de plus de 11 salariés. Concrètement, « plus le nombre de salariés qui s’inscrivent à Pôle emploi après avoir travaillé pour une entreprise est important par rapport à son effectif, plus une entreprise paiera de cotisations patronales à l’assurance chômage » ; elle en paiera moins dans le cas contraire. Le taux des cotisations pourra varier de 3 % à 5 %. Ce système vise à « lutter contre la précarité et l’enchaînement des CDD ou des missions d’intérim » et à inciter les entreprises à « proposer davantage de CDI et à rallonger les CDD », argumente le ministère du Travail. Sept secteurs d’activité seront concernés dans un premier temps, à partir de début 2020, parmi lesquels l’hôtellerie-restauration, l’agroalimentaire et les transports. Ces sept secteurs représentent 34 % des ruptures de contrat.

Pourquoi le gouvernement souhaite-t-il mettre en place cette réforme ?

La réforme de l’assurance chômage fait partie des promesses de campagne d’Emmanuel Macron. Le principal objectif, détaillé dans une « feuille de route » transmise en septembre aux partenaires sociaux, est de parvenir à réaliser environ 3,4 milliards d’euros d’économie sur la période 2019-2021, pour alléger la dette de l’assurance chômage qui s’élève à près de 35 milliards d’euros. Laurent Berger, secrétaire national de la CFDT, dénonce la « logique budgétaire » de cette réforme qui va, selon lui, conduire à « des baisses drastiques » des droits des chômeurs. Le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, estime que celle-ci « va certainement permettre à des demandeurs d’emploi de reprendre du travail plus vite », mais estime que le « bonus-malus » est « punitif » et qu’il sera « inefficace » pour « transformer des CDD courts en CDI ou CDD plus longs ».