20 juin 2019

Tout s'explique

Prises de position en faveur de la légalisation du cannabis

Qu’a recommandé le Conseil d’analyse économique ?

Le Conseil d’analyse économique (CAE), un cercle de réflexion indépendant qui réalise des analyses économiques pour le gouvernement, a publié ce matin une note défendant la légalisation du cannabis pour un usage récréatif. Cette étude est diffusée un jour après la publication dans L’Obs d’une tribune signée par 70 élus, médecins et économistes, appelant à une légalisation du cannabis pour « des fins thérapeutiques comme récréatives ». Une quinzaine de députés de plusieurs partis ont déposé aujourd’hui une proposition de loi visant à légaliser cette drogue à travers « la mise en place d’un monopole public de production et de distribution ». Sur LCI, la ministre des Transports, Élisabeth Borne, a affirmé que le gouvernement était « contre la légalisation à usage ludique », mais qu’il menait « une réflexion » sur « les usages thérapeutiques ».

Pourquoi le CAE défend-il cette légalisation ?

Dans sa note, le CAE constate l’échec du « système actuel de prohibition » puisqu’en dépit « d’une des politiques les plus répressives d’Europe », les Français figurent parmi « les plus gros consommateurs de cannabis de l’UE ». Or, souligne-t-il, cette prohibition coûte 568 millions d’euros par an aux finances publiques, principalement les actions policières et judiciaires. À l’inverse, légaliser le cannabis récréatif permettrait, selon les auteurs de l’étude, « de développer un secteur économique créateur d’emplois et de recettes fiscales ». Ils citent des études scientifiques démontrant qu’il n’existe pas « d’effets nocifs sérieux avérés de la consommation modérée de cannabis » sur la santé des adultes – ce qui n’est pas le cas chez les moins de 25 ans. Le CAE rappelle que l’Uruguay a été, en 2013, le premier pays au monde à légaliser le cannabis pour un usage récréatif et qu’il a depuis été rejoint par le Canada, l’Afrique du Sud, la Géorgie ainsi qu’une dizaine d’États aux États-Unis.

Qu’en est-il du cannabis thérapeutique ?

En décembre, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), un établissement dépendant du ministère de la Santé, a annoncé son intention de lancer une expérimentation du cannabis thérapeutique. L’ANSM a publié hier un point d’étape sur les modalités de cet essai qui doivent être adoptées d’ici fin juin. Dans le cadre de cette expérimentation prévue pour début 2020, le cannabis thérapeutique pourra être utilisé dans cinq cas, dont les soins de certains cancers, les douleurs neuropathiques ou encore des formes d’épilepsie sévères. Le produit pourra être consommé sous forme de sprays, d’inhalation, de gélules ou encore de solutions buvables, mais pas de joints. Une trentaine de pays autorisent le cannabis thérapeutique, dont une vingtaine de pays de l’UE, Israël, la Turquie, ainsi qu’une trentaine d’États aux États-Unis.