21 juin 2019

Tout s'explique

Échec des négociations pour la présidence de la Commission européenne

Qu’ont décidé les dirigeants de l’UE concernant la présidence de la Commission européenne ?

Réunis hier soir à Bruxelles, les dirigeants des 28 États membres de l’UE ne sont pas parvenus hier soir à se mettre d’accord sur un candidat à la présidence de la Commission européenne pour succéder à Jean-Claude Juncker. Pour être désigné, un candidat doit obtenir la majorité qualifiée d’au moins 55 % des États membres, représentant au moins 65 % de la population de l’UE, puis obtenir la majorité au Parlement européen. L’Allemand Manfred Weber, tête de liste du parti conservateur PPE arrivé premier lors des élections européennes de mai, était soutenu par la chancelière allemande, Angela Merkel, mais Emmanuel Macron s’opposait à ce choix. Cette situation exclut donc l’attribution du poste de président de la Commission au « Spitzenkandidat » (tête de liste) du groupe arrivé en tête des élections, comme ce fut le cas en 2014. Emmanuel Macron s’opposait à ce système d’attribution automatique. Un nouveau sommet européen est prévu le 30 juin.

En quoi consistent les postes clés à pourvoir ?

Le président de la Commission décide de l’organisation et du programme d’action de la Commission, à l’origine des textes législatifs adoptés par l’UE. Outre ce poste, les dirigeants européens ne se sont pas non plus entendus pour désigner des personnalités à la présidence du Conseil européen, de la Banque centrale européenne (BCE) et au poste de Haut-représentant aux Affaires étrangères. Le président du Conseil européen – la réunion des dirigeants des États membres – est chargé de préparer et de présider ces réunions, puis de présenter au Parlement un rapport à la suite de chacune d’entre elles. Nommé pour un mandat de huit ans, le président de la BCE définit avec les autres membres du bureau exécutif la politique monétaire de la zone euro. Le Haut représentant de l’UE pour les Affaires étrangères élabore et met en œuvre la politique étrangère, de sécurité et de défense de l’UE.

Qu’ont-ils décidé concernant les émissions carbone de l’UE ?

Les dirigeants se sont également entretenus des mesures à prendre au niveau européen pour lutter contre le dérèglement climatique. La Pologne, soutenue par la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie, a bloqué l’adoption d’une mesure proposée par la Commission européenne fixant à l’UE l’objectif d’atteindre d’ici 2050 la neutralité carbone, c’est-à-dire l’équilibre entre les émissions de CO2 et leur élimination de l’atmosphère. 24 des 28 pays membres ont soutenu le texte qui, pour être adopté, nécessitait l’unanimité. La Pologne réclamait un engagement précis des autres États garantissant le versement de fonds européens pour l’aider à financer sa transition, qu’elle juge plus coûteuse, car le pays est encore largement dépendant du charbon.