28 juin 2019

Tout s'explique

L’efficacité insuffisante de l’homéopathie mise en avant

Que préconise la Haute autorité de Santé sur l’homéopathie ?

La Haute autorité de Santé (HAS), une autorité publique indépendante, a publié aujourd’hui sa première évaluation scientifique des médicaments homéopathiques en France, effectuée à la demande du ministère de la Santé. Celui-ci souhaitait connaître l’efficacité des 1 163 médicaments homéopathiques actuellement remboursés à 30 % par la Sécurité sociale, afin de maintenir ou non ce remboursement. La HAS affirme avoir analysé leur efficacité pour soigner 24 symptômes ou affections types et avoir consulté toutes les données scientifiques relatives à l’homéopathie des 20 dernières années, soit plus de 1 000 études. Elle conclut à une « efficacité insuffisante » de ces médicaments pour qu’ils soient « proposés au remboursement ». La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, à qui il revient de prendre une décision, a déclaré à plusieurs reprises qu’elle se conformerait à l’avis de la HAS.

En quoi consiste l’homéopathie ?

L’homéopathie est une méthode thérapeutique développée à partir de la fin du XVIIIe siècle par le médecin allemand Samuel Hahnemann. Elle consiste à soigner en administrant « à des doses très faibles » des substances susceptibles de provoquer chez l’humain en bonne santé « des manifestations semblables aux symptômes présentés par le malade », selon le site du ministère de la Santé. L’homéopathie repose ainsi sur le principe de similitude, qui établit que « ce qui rend malade à forte dose peut guérir à faible dose ». Les remèdes sont préparés par dilutions successives d’une substance active végétale, minérale ou animale, appelée « souche ». Il existe deux types de médicaments homéopathiques : ceux portant le nom d’une marque et ceux à nom commun, se présentant sous forme de tubes de granules ou liquide, vendus sous leur dénomination scientifique latine et sans indication thérapeutique ou notice, décrit le ministère de la Santé sur son site. Seuls les médicaments à nom commun font l’objet d’un remboursement partiel et ont été évalués par la HAS.

Quels usages en fait la population française ?

Les médicaments homéopathiques sont inscrits depuis 1965 à la pharmacopée française, le recueil officiel des médicaments de l’Agence nationale de sécurité du médicament, un établissement dépendant du ministère de la Santé. Cette inscription s’est faite notamment sous l’impulsion des frères Boiron, à la tête du laboratoire du même nom, qui fabriquent des médicaments homéopathiques depuis 1932. Leur remboursement est possible depuis un arrêté de 1984. Contrairement aux médicaments classiques, les médicaments homéopathiques ne font pas l’objet d’une évaluation scientifique avant de pouvoir être commercialisés. En 2018, l’Assurance maladie a remboursé 126,8 millions d’euros pour les médicaments homéopathiques et environ 1 Français sur 10 en utilise, selon le rapport de la HAS.