1er juillet 2019

Tout s'explique

L’UE conclut un accord commercial avec le Mercosur

En quoi consiste l’accord noué entre l’UE et le Mercosur ?

L’Union européenne a conclu vendredi soir un accord de libre-échange avec le Mercosur, c’est-à-dire le Marché commun du Sud, une communauté économique créée en 1991 qui réunit actuellement l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay. Les négociations avaient débuté en 1999. L’accord prévoit de supprimer la quasi-totalité des droits de douane sur les exportations de l’UE vers le Mercosur et inversement, permettant 4 milliards d’euros d’économies de droits de douane par an pour l’UE, estime la Commission européenne. Des quotas seront instaurés sur les exportations de produits agricoles du Mercosur, dont la viande bovine. Il s’agit du « principal accord commercial jamais conclu par l’UE », selon le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Les 28 États membres de l’UE puis le Parlement européen doivent encore approuver le texte.

Qu’a obtenu la France avant son adoption ?

Emmanuel Macron a estimé samedi, lors d’une conférence de presse, que cet accord était « bon » en raison des demandes formulées par la France « intégralement prises en compte ». Il a souligné la reconnaissance des indications géographiques de 357 produits européens, certifiant leur provenance, et la mention engageant les États signataires au respect de l’accord de Paris sur le climat. Mi-juin, il avait fait part, dans une lettre adressée à Jean-Claude Juncker avec les dirigeants belge, irlandais et polonais, de sa « préoccupation » concernant les quotas imposés en particulier sur la viande bovine, le porc ou le sucre, estimant que leur niveau, jugé trop élevé, pourrait « déstabiliser la production et le secteur agricole ». L’accord contient finalement une clause prévoyant que des droits de douane soient réintroduits temporairement en cas de préjudice pour un secteur.

Quelles critiques reçoit-il ?

La conclusion de cet accord a reçu des critiques principalement de la part d’organisations agricoles et d’organisations ou de personnalités engagées en faveur de la lutte contre le dérèglement climatique. « À quoi bon demander en France et en Europe une montée en gamme en termes de qualité et de respect de l’environnement si c’est pour importer des produits contraires à cet effort ? », s’est interrogé le syndicat français des Jeunes Agriculteurs. Nicolas Hulot, ancien ministre français de l’Environnement, a fustigé dans une interview publiée hier soir dans Le Monde la signature d’un accord « complètement antinomique avec nos ambitions affichées » estimant nécessaire de se tourner vers une économie plus localisée. Hier dans le JDD, il avait également appelé le Parlement à rejeter le Ceta, un accord de libre-échange conclu entre l’UE et le Canada qu’il doit examiner en juillet.