2 juillet 2019

Tout s'explique

Davantage de cas, mais moins de mortalité par cancer

Quelles sont les données principales sur les cas de cancer en France ?

Santé publique France, un organisme dépendant du ministère de la Santé, a dévoilé aujourd’hui un rapport sur la mortalité par cancer en France métropolitaine depuis 1990. C’est la première fois que l’organisme a étudié 74 types et sous-types de cancers, contre 34 auparavant. Santé publique France a enregistré 382 000 nouveaux cas de cancer et 157 400 décès par cancer en 2018. Le risque de cancer a crû de 6 % pour les hommes et de 45 % pour les femmes entre 1990 et 2018, selon un calcul qui élimine l’effet de l’augmentation de la population et de son vieillissement. Dans ces mêmes conditions, les taux de mortalité ont cependant diminué, ceci de façon plus prononcée chez les hommes (-1,8 %) que chez les femmes (-0,8 %).

Par quoi les femmes sont-elles particulièrement touchées ?

Le cancer du sein est le plus fréquent chez les femmes, représentant 33 % des cas, et la première cause de mortalité par cancer chez elles, selon le rapport. Entre 1990 et 2018, le nombre de cas a augmenté de 1,1 % en moyenne par an. Ce cancer a provoqué 12 146 décès l’an passé selon les estimations du rapport. Les femmes sont également touchées par une augmentation des cas et des décès liés au cancer du poumon, troisième cancer le plus répandu chez elles après le cancer colorectal. Les cas et décès liés au cancer du poumon ont respectivement augmenté de 5,3 % et 3,5 % par an depuis 1990, alors que durant cette période, la tendance était à la baisse dans les deux situations chez les hommes. Il s’agit de « l’évolution la plus préoccupante, compte tenu de sa fréquence et de son pronostic sombre », souligne le rapport.

Quelles sont les principales causes mises en avant ?

Les principaux facteurs de l’augmentation du nombre de cas de cancer mis en avant par le rapport sont l’augmentation de la consommation d’alcool et de tabac, tandis que l’exposition à des facteurs environnementaux, comme les perturbateurs endocriniens, est suspectée d’être à risque. L’augmentation de la consommation de tabac chez les femmes explique en grande partie la hausse des cancers du poumon chez elles, selon le rapport. Il souligne que les cas de ce type de cancer peuvent également être liés à « une modification de la structure et de la composition des cigarettes », comme l’introduction de filtres qui serait « responsable d’une inhalation plus profonde ». Selon une étude publiée l’an dernier par le Centre international de recherche sur le cancer, qui dépend de l’Organisation mondiale de la santé, 41 % des cas de cancer en France étaient « liés au mode de vie » et « auraient pu être évités ».