3 juillet 2019

Tout s'explique

De nouvelles personnalités aux postes clés de l’UE

Quelles personnalités ont été choisies pour les postes clés de l’UE ?

Les députés européens ont élu aujourd’hui le social-démocrate italien David Sassoli à la présidence du Parlement européen pour un mandat de deux ans et demi. Hier soir, les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne se sont mis d’accord sur les noms de quatre personnalités qu’ils souhaitent voir occuper les autres principaux postes de l’UE. Ils ont choisi l’Allemande Ursula von der Leyen pour la présidence de la Commission européenne et le Belge Charles Michel pour celle du Conseil européen (la réunion des dirigeants des États membres). Ils ont également proposé que la Française Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international, devienne présidente de la Banque centrale européenne et que l’Espagnol Josep Borrell occupe le poste de haut représentant de l’UE pour les Affaires étrangères. À l’exception de celle du président du Conseil européen, ces nominations devront recueillir l’aval du Parlement européen, qui se prononcera mi-juillet pour la présidence de la Commission européenne.

Qui est Ursula von der Leyen ?

Si sa nomination est confirmée par les députés européens, Ursula von der Leyen deviendra la première femme à présider la Commission européenne depuis la création de celle-ci en 1958. Membre du gouvernement allemand depuis qu’Angela Merkel est devenue chancelière en 2005, elle est ministre de la Défense depuis décembre 2013. Elle est l’une des personnalités les plus impopulaires de la coalition au pouvoir, selon un baromètre d’opinion mis en ligne aujourd’hui par l’hebdomadaire allemand Der Spiegel. Un rapport parlementaire publié en février a critiqué sévèrement la dégradation du niveau de préparation de l’armée allemande en raison d’un manque de personnel et de matériel opérationnel. Francophone et anglophone, Ursula von der Leyen s’est démarquée à plusieurs reprises du reste du parti conservateur auquel elle appartient par des positions favorables à l’instauration d’un salaire minimum et du mariage homosexuel, adoptés depuis.

Quelles critiques ont suscitées ces nominations ?

L’ancien président social-démocrate du Parlement européen Martin Schulz a déploré que le principe des « Spitzenkandidaten » soit « mort ». Depuis 2014, ce principe voulait que le candidat désigné par le groupe arrivé en tête au Parlement européen soit choisi pour présider la Commission européenne. Or, les dirigeants européens ont écarté il y a deux semaines la candidature de Manfred Weber, le Spitzenkandidat du groupe conservateur PPE, première force du Parlement en nombre de députés, en raison notamment de l’opposition d’Emmanuel Macron et du groupe des libéraux rebaptisé en juin « Renew Europe ». Le député européen écologiste Yannick Jadot a déclaré hier soir que les personnalités choisies étaient « faibles » et « peu compétentes aux places où on est en train de les installer ».