8 juillet 2019

Tout s'explique

La droite remporte les législatives en Grèce

Quels sont les résultats des élections législatives en Grèce ?

Les électeurs grecs étaient appelés à voter hier lors des élections législatives anticipées. Elles avaient été convoquées à l’issue des élections européennes le 26 mai à la demande du Premier ministre, Alexis Tsipras, dont la formation de gauche, Syriza, était arrivée en Grèce deuxième derrière le parti de centre droit Nouvelle Démocratie. Ces élections législatives confirment la première place de Nouvelle Démocratie, qui arrive en tête avec 39,9 % des voix et obtient la majorité absolue avec 158 sièges sur 300 au Parlement, selon le ministère de l’Intérieur. Syriza arrive deuxième (31,5 %), suivie par la coalition de gauche Mouvement pour le changement (8,1 %). Le parti eurosceptique et xénophobe Aube dorée obtient 2,9 % des suffrages, ce qui ne lui permet plus de siéger au Parlement, où il avait fait son entrée en 2012. Le dirigeant de Nouvelle Démocratie, Kyriakos Mitsotakis, a été investi Premier ministre aujourd’hui.

Comment Alexis Tsipras a-t-il mis fin à la crise de la dette publique ?

Le mandat de Premier ministre d’Alexis Tsipras, en poste depuis 2015, a été marqué par la résolution de la crise de la dette publique du pays, qui a demandé de l’aide aux institutions internationales en 2010. Opposé au plan de sauvetage proposé par la Banque centrale européenne, l’Union européenne et le Fonds monétaire international, il a convoqué en juin 2015 un référendum demandant aux Grecs s’ils acceptaient les mesures d’austérité proposées par ces institutions. Malgré la victoire du « non » à 61 %, il a mis en place la plupart d’entre elles pour bénéficier du plan d’aide. Il a notamment augmenté la TVA, relevé l’âge de la retraite et réduit le nombre de fonctionnaires. La Grèce a renoué avec la croissance en 2017 après neuf années de récession. En août 2018, la Grèce est sortie de sa mise sous tutelle. Le chômage, qui avait atteint 28 % de la population active en 2013, s’établissait à 18,1 % en mai, contre 7,5 % dans la zone euro, selon l’institut de statistiques européen Eurostat.

Quels autres événements ont marqué son mandat ?

Le mandat d’Alexis Tsipras a également été marqué par la crise des migrants. Depuis 2015, plus d’un million de migrants sont arrivés sur le territoire, selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. En janvier, Alexis Tsipras a décidé une hausse du salaire minimum de 586 à 650 euros. Il a conclu en juin 2018 un accord avec l’ancienne République yougoslave de Macédoine pour qu’elle soit renommée Macédoine du Nord, mettant fin à une querelle de 27 ans sur le nom Macédoine, qui est également celui d’une région grecque. Cette affaire l’avait conduit à demander en janvier au Parlement de lui renouveler sa confiance – un vote qu’il avait remporté – après la démission de son ministre de la Défense, fondateur d’un parti souverainiste membre de la coalition au pouvoir et opposé à cet accord.