10 juillet 2019

Tout s'explique

Des missiles de l’armée française découverts en Libye

Qu’a révélé le New York Times sur la présence d’armes de la France en Libye ?

Le quotidien américain The New York Times a révélé hier que des missiles antichar retrouvés dans une base militaire en Libye avaient à l’origine été vendus par les États-Unis à la France. Ces armes ont été découvertes dans la ville de Gharian, dans le nord-ouest de la Libye, reprise en juin aux troupes du maréchal Haftar par les forces du gouvernement d’union nationale, reconnu par l’ONU. Si ces armes ont été livrées à l’un des camps qui s’affrontent en Libye (voir la carte), cela constituerait une violation de l’embargo sur les ventes d’armes au pays décidé par l’ONU en 2011. Le ministère français des Armées a déclaré aujourd’hui que les armes retrouvées étaient destinées à protéger des membres du renseignement français, mais qu’elles étaient « hors d’usage » et avaient été « temporairement stockées dans un dépôt en vue de leur destruction ». Il a affirmé qu’elles n’avaient jamais été transférées à des forces locales.

Pourquoi la France est-elle accusée de soutenir le maréchal Haftar ?

Le gouvernement d’union nationale libyen a plusieurs fois accusé la France de prendre le parti du maréchal Haftar, dont les troupes contrôlent une grande partie du pays. Il se fonde en particulier sur la mort en 2016 de trois agents du renseignement français présents aux côtés des troupes du maréchal Haftar. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a expliqué en mai au Figaro que la France avait soutenu le maréchal dans sa lutte contre le terrorisme, car la Libye abrite les bases arrières de plusieurs groupes djihadistes présents au Sahel, où l’armée française les combat depuis 2013. Le 8 mai, Emmanuel Macron a toutefois « réaffirmé » le « soutien » de la France au chef du gouvernement libyen d’union nationale, Fayez al-Sarraj, selon un communiqué de l’Élysée.

Où en est le conflit libyen ?

Le maréchal Haftar a lancé le 4 avril une offensive contre la capitale, Tripoli. Trois mois après, il n’a pas réussi à s’en emparer et ses troupes ont subi une défaite en perdant la ville stratégique de Gharian, située à un peu moins de 100 km au sud de Tripoli. L’Organisation mondiale de la santé, une agence de l’ONU, a déclaré vendredi que près de 1 000 personnes avaient été tuées depuis le début de l’offensive et qu’environ 5 000 avaient été blessées. Parmi les victimes figurent une cinquantaine de migrants tués la semaine dernière dans un raid aérien contre leur centre de détention, que le gouvernement d’union nationale a attribué au camp Haftar, ce que ce dernier a démenti. Les combats ont conduit au déplacement de 100 000 personnes, selon l’ONU.