16 juillet 2019

Tout s'explique

François de Rugy démissionne

Pourquoi François de Rugy a-t-il démissionné ?

Le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, a annoncé qu’il avait présenté ce matin sa démission au Premier ministre, Édouard Philippe. Il a expliqué devoir « prendre le recul nécessaire », face aux « attaques » et au « lynchage médiatique » dont il estime faire l’objet avec sa famille depuis que le site d’investigation Mediapart a commencé mercredi à publier plusieurs articles à son sujet. L’un l’accusait d’avoir organisé sur fonds publics des dîners « entre amis » lorsqu’il était président de l’Assemblée nationale et un autre révélait que « d’importants travaux de confort » avaient été menés dans le domicile qu’il occupe au ministère. François de Rugy a déclaré avoir déposé ce matin une plainte pour diffamation. Il avait été nommé ministre de la Transition écologique en septembre, en remplacement de Nicolas Hulot.

Quel est son bilan en tant que ministre de la Transition écologique ?

Au cours de son passage au ministère, François de Rugy a hérité de nombreux dossiers de son prédécesseur. C’est le cas de la réintroduction de deux ourses dans les Pyrénées en octobre, où il ne restait que deux spécimens mâles. Conformément aux engagements d’Emmanuel Macron, il a préparé la fermeture de la plus vieille centrale nucléaire, celle de Fessenheim (Haut-Rhin), sans la conditionner à la mise en service de l’EPR de Flamanville. Il a annoncé en février que le premier réacteur serait arrêté en mars 2020 et le second en août 2020. Il a fait face au dépôt en mars d’une plainte en justice pour « inaction climatique » de l’État par quatre ONG et à des manifestations demandant au gouvernement d’agir. Il a également contribué à définir le fonctionnement de la Convention citoyenne pour la transition écologique, annoncée en avril par Emmanuel Macron et qui doit réunir 150 citoyens tirés au sort, chargée d’établir une série de propositions.

Quels autres ministres ont démissionné à la suite d’affaires ?

Depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron, le gouvernement a déjà fait face à plusieurs départs. Trois ministres issus du MoDem avaient quitté leur poste en juin 2017 – François Bayrou, Sylvie Goulard et Marielle de Sarnez – alors qu’ils étaient visés dans une affaire de soupçons d’emplois fictifs au sein de leur parti. Le même mois, le ministre de la Cohésion des territoires, Richard Ferrand, soupçonné de conflit d’intérêts, a démissionné et s’est porté candidat au poste de président du groupe LREM à l’Assemblée nationale, où il a été élu. Aucun d’entre eux n’avait été mis en examen lors de leur départ. Édouard Philippe avait estimé début juin 2017 sur RTL que c’était lorsqu’un ministre était « mis en examen », qu’il convenait « qu’il démissionne immédiatement ». Cette ligne correspond à ce qui est décrit comme la « jurisprudence Balladur », du nom de l’ancien Premier ministre français (1993-1995), qui avait demandé à ses ministres mis en examen de démissionner.