22 juillet 2019

Tout s'explique

Tensions entre l’Iran et le Royaume-Uni

Pourquoi l’Iran a-t-il saisi un pétrolier britannique ?

Le porte-parole du gouvernement iranien, Ali Rabii, a déclaré aujourd’hui lors d’une conférence de presse que la saisie vendredi par les autorités iraniennes d’un pétrolier battant pavillon britannique, le Stena Impero, était une « mesure légale » prise pour « assurer la sécurité régionale », puisque celui-ci ne respectait pas le « code maritime international ». Les autorités iraniennes ont déclaré que le Stena Impero était « entré en collision avec un bateau de pêche » iranien et ont ajouté avoir ouvert une enquête sur ces faits. Le navire a été saisi dans le détroit d’Ormuz, qui relie le golfe Persique au golfe d’Oman, avec les 23 membres de son équipage. Le Royaume-Uni conteste la version iranienne des faits. Le ministre britannique des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, a déclaré samedi que la saisie du Stena Impero s’était déroulée dans les eaux d’Oman, « en violation flagrante du droit international ».

À quand remontent les tensions entre l’Iran et le Royaume-Uni ?

« À tous les pays qui appellent l’Iran à relâcher ce pétrolier, nous demandons qu’ils disent la même chose à la Grande-Bretagne », a ajouté Ali Rabii. Il a ainsi fait référence au pétrolier iranien Grace I, que les autorités britanniques de Gibraltar ont arraisonné le 4 juillet, le soupçonnant de livrer du pétrole à la Syrie, en contravention de l’embargo pétrolier décrété par l’UE contre le régime syrien depuis 2011. Vendredi dernier, le jour de la saisie du Stena Impero, les autorités britanniques avaient décidé de prolonger l’immobilisation du navire iranien de 30 jours. Selon Jeremy Hunt, ces mesures ont été prises « en raison de la destination du pétrole » et « non en raison de sa provenance iranienne ». Le gouvernement britannique avait affirmé le 11 juillet que des navires iraniens avaient tenté la veille « d’empêcher le passage » d’un autre pétrolier britannique dans le détroit d’Ormuz.

Dans quel contexte cette crise s’inscrit-elle ?

La saisie du Stena Impero intervient alors que des tensions sont déjà apparues entre l’Iran et les États-Unis dans le détroit d’Ormuz, où transite 30 % du pétrole mondial, selon le département américain de l’Énergie. Les États-Unis avaient déjà accusé en juin l’Iran d’être responsable de l’attaque de deux navires, l’un norvégien et l’autre japonais. Jeudi dernier, Donald Trump avait également affirmé qu’un navire militaire américain avait détruit un drone iranien qui s’approchait de lui. Les tensions entre les deux pays se sont accrues depuis l’annonce en mai 2018 du retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien de 2015 et le rétablissement de sanctions économiques contre le pays. Téhéran avait appelé en mai les autres pays signataires de l’accord, dont la France et le Royaume-Uni, à convaincre les États-Unis d’alléger leurs sanctions et avait annoncé que le pays renonçait à respecter deux clauses de l’accord.