25 juillet 2019

Tout s'explique

Des records de chaleur enregistrés en Europe

Quelle est la situation en France et en Europe ?

De très nombreux records absolus de températures maximales ont été enregistrés cet après-midi par Météo-France. En milieu d’après-midi, il faisait par exemple 40,5 °C à Lille, surpassant de près de 3 °C le précédent record enregistré dans la ville en juillet 2018, et 41,3 °C à Troyes, contre 40,6 °C en 2003. À Paris, la température était de 42,6 °C, le précédent record remontant à 1947, avec 40,4 °C. Des records de chaleur absolus ont par ailleurs été franchis cet après-midi en Belgique et en Allemagne. Aux Pays-Bas, un nouveau record a été établi ce jeudi à 40,4 °C, alors que le mercure n’y avait jamais atteint la barre des 40 degrés. Une commune néerlandaise a annoncé mardi sur Twitter une opération de salage des routes, une technique habituellement réservée à l’hiver, afin de « refroidir l’asphalte pour qu’il ne fonde pas ».

En quoi consiste la pollution à l’ozone ?

L’épisode de canicule qui a débuté lundi en France est associé à une pollution à l’ozone, selon Météo-France. Naturellement présent en petite quantité dans l’air, l’ozone est formé par des réactions chimiques entre les oxydes d’azote (NOx) et les composés organiques volatils (COV), sous l’effet de la chaleur et de l’ensoleillement. Les NOx sont surtout émis par le trafic routier et les COV sont notamment présents dans l’essence et les peintures. L’ozone peut provoquer une réaction inflammatoire des bronches, se traduisant par une toux sèche et une gêne respiratoire, et des problèmes cardiovasculaires. Sur son site, le ministère de la Transition écologique précise que la hausse des « niveaux d’ozone est corrélée à une augmentation des hospitalisations et à des décès prématurés ». Du fait de cette pollution, la circulation différenciée a été mise en place à Paris, Lyon et Lille.

La canicule est-elle liée au dérèglement climatique ?

Il ne faut pas confondre la météorologie, qui s’intéresse aux phénomènes affectant à court terme la partie basse de l’atmosphère, et la climatologie, qui étudie sur le long terme l’atmosphère dans son ensemble. Aucun climatologue n’affirme que les canicules sont la conséquence directe du dérèglement climatique. En revanche, plusieurs études démontrent que ce phénomène accroît leur fréquence et leur intensité. Le projet World Weather Attribution, qui réunit plusieurs instituts de recherche internationaux, a publié il y a un an une étude selon laquelle le réchauffement climatique multiplie par deux les risques de canicule dans le nord de l’Europe. Deux études parues hier dans Nature et Nature Geoscience montrent en outre que depuis 2000 ans, il n’a jamais fait aussi chaud sur Terre et que le réchauffement climatique à l’œuvre depuis la révolution industrielle concerne 98 % du globe, tandis que les précédents événements extrêmes étaient circonscrits à certaines régions.