2 août 2019

Tout s'explique

Les États-Unis se retirent du traité FNI

Pourquoi les États-Unis se retirent-ils du traité FNI ?

Mike Pompeo, le secrétaire d’État américain, l’équivalent du ministre des Affaires étrangères, a annoncé aujourd’hui le retrait des États-Unis du traité sur les Forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), un texte signé en 1987 entre les États-Unis et l’URSS pour mettre fin à une crise causée par l’installation par chaque pays de missiles sur le continent européen. Le président russe, Vladimir Poutine, avait ratifié début juillet la suspension de la participation russe au traité. Les États-Unis avaient notifié leur retrait en février et ont respecté un préavis de six mois, la Russie n’ayant pas dans cet intervalle renoué avec la « conformité totale et vérifiée » du traité, selon eux. Mike Pompeo accuse la Russie d’être « le seul responsable de la fin du traité », affirmant qu’elle a « développé, produit et testé en vol » des missiles prohibés par le texte – c’est-à-dire ayant une portée entre 500 et 5 500 kilomètres – depuis « au moins le milieu des années 2000 ».

Quel est l’impact de cette décision sur l’Europe ?

Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’Otan, l’alliance fondée en 1949 par des pays occidentaux pour faire face à la menace soviétique, a déclaré aujourd’hui que les membres de l’organisation feraient en sorte que leur dissuasion « soit crédible » au cas où la Russie déploierait des missiles « capables de transporter des têtes nucléaires et de frapper les villes européennes en quelques minutes ». En juillet, les membres de l’Otan avaient approuvé dans le cas de la fin du traité FNI le renforcement de leur défense antimissile. Jens Stoltenberg avait néanmoins précisé que l’organisation n’avait « pas l’intention de déployer de nouveaux missiles armés de têtes nucléaires en Europe ». Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a déclaré à l’agence de presse russe Tass que la Russie avait « proposé aux États-Unis et à d’autres membres de l’Otan » de mettre en place un « moratoire sur le déploiement d’armes de portée intermédiaire ».

Existe-t-il d’autres traités pour encadrer l’armement nucléaire ?

Les États-Unis et la Russie sont encore engagés à travers un autre texte encadrant leur armement nucléaire : le traité New Start, qui limite le nombre de têtes nucléaires et de missiles intercontinentaux, de missiles balistiques lancés depuis des sous-marins et de bombardiers lourds pouvant porter des têtes nucléaires. Signé en 2010, il est entré en vigueur en 2011 pour une durée de 10 ans. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a encouragé hier les deux pays à prolonger cet accord au-delà de 2021. Les États-Unis et la Russie sont également signataires du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, conclu en 1968, qui reconnaissait aux deux pays, ainsi qu’à la Chine, à la France et au Royaume-Uni – les cinq États alors détenteurs de l’arme nucléaire – le droit de la conserver et interdisait aux autres États le droit de l’obtenir, en contrepartie d’un accès facilité aux usages pacifiques du nucléaire. Il compte aujourd’hui 191 pays membres.