8 août 2019

Tout s'explique

Le Giec alerte sur l’utilisation des terres

Quel constat dresse le rapport du Giec publié aujourd’hui ?

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) a publié aujourd’hui un rapport sur la gestion des terres dans le monde qui a été approuvé par l’ensemble des 196 signataires de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Il révèle que plus de 70 % des terres émergées libres de glace sont sous l’emprise d’activités humaines, qu’il s’agisse de l’agriculture, de l’élevage ou de l’exploitation forestière. Environ un quart de ces terres sont aujourd’hui dégradées du fait de leur exploitation et au moins 500 millions de personnes vivent dans des régions en cours de désertification. Ces taux records sont la conséquence de la hausse continue de la population mondiale et de la consommation de denrées par habitant. À elle seule, l’agriculture consomme 70 % de l’eau utilisée dans le monde et le Giec estime que 25 % à 30 % des denrées produites dans le monde sont gaspillées.

Quel est le lien entre gestion des terres et réchauffement climatique ?

En plus de dégrader les sols, l’importante utilisation humaine des terres participe au réchauffement climatique, affirme le rapport du Giec. Même en retirant le CO2 capté par les plantes, l’agriculture et l’exploitation forestière restent responsables, sur la période 2007-2016, de 23 % des émissions de gaz à effet de serre liées à l’activité humaine. En y ajoutant les industries de transformation des aliments, cette part monte à 37 %. Les deux problèmes sont liés, car la hausse des températures et la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes (inondations, sécheresses, etc.) vont exacerber « les risques sur les moyens de subsistance, la biodiversité, la santé humaine et celle des écosystèmes, les infrastructures et la sécurité alimentaire ».

Quelles recommandations le rapport formule-t-il ?

Le Giec souligne que la difficulté consiste à adopter des solutions permettant de contenir le réchauffement climatique à 1,5 °C tout en restant en capacité de nourrir une population mondiale qui pourrait atteindre 11,2 milliards d’individus en 2100. « Un petit nombre » de scénarios seulement peuvent permettre d’y parvenir, selon le rapport. Parmi les solutions préconisées, la réduction de la consommation de viande, qui requiert beaucoup d’eau, au profit de céréales, de légumineuses, de fruits et de légumes, la réduction de la déforestation, ou la promotion de l’agroforesterie, un mode d’exploitation où la production agricole se fait au milieu d’arbres. Mais ces efforts ne suffiront pas, reconnaît le Giec, s’ils ne sont pas couplés à une réduction des émissions de gaz à effet de serre dans tous les secteurs (énergie, transports, habitat, etc.).