13 août 2019

Tout s'explique

La plateforme en ligne Salto autorisée

Qu’a décidé l’Autorité de la concurrence ?

Le projet de plateforme vidéo par abonnement Salto, créé par France Télévisions, TF1 et M6, a reçu aujourd’hui l’accord « sous conditions » de l’Autorité de la concurrence, une autorité administrative indépendante. Cet accord était nécessaire à son lancement prévu au premier trimestre 2020. Salto proposera plusieurs chaînes en direct, des programmes en rattrapage ainsi que des programmes exclusifs à la demande et sera disponible sur Internet ou via des applications. L’Autorité de la concurrence a fixé plusieurs restrictions en ce qui concerne l’achat des programmes, la distribution et la publicité. Les trois chaînes s’engagent par exemple à ne pas abuser de leur position d’acheteurs de programmes à destination de leurs antennes pour négocier des prix au rabais pour Salto et à ne pas faire de la promotion gratuite pour Salto sur leurs antennes.

Pourquoi France Télévisions, TF1 et M6 ont-ils décidé de s’allier ?

En s’associant, les trois groupes de télévision espèrent partager les coûts nécessaires à la production de programmes exclusifs pour un service de vidéo par abonnement. En 2018, la plateforme américaine de vidéo à la demande Netflix a par exemple dépensé 12 milliards de dollars pour ses créations et acquisitions de contenus. Salto « nous donnera très prochainement les moyens de jouer sur notre territoire, face aux acteurs internationaux », s’est félicitée aujourd’hui la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, alors que Disney, Warner et Apple s’apprêtent à rejoindre Netflix et Amazon sur ce marché. Des alliances entre groupes télévisuels concurrents pour des projets similaires à Salto sont également en préparation au Royaume-Uni et en Allemagne.

Quelles sont les forces en présence sur ce marché aujourd’hui ?

Près d’un internaute sur cinq a visionné un programme sur un site de vidéo à la demande par abonnement en juin, selon le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), un établissement public. Les opérateurs les plus populaires sont Netflix (consulté par 54 % des utilisateurs de vidéo à la demande en juin), Orange (27 %) et Amazon (19 %). Netflix a annoncé en février avoir dépassé les 5 millions d’abonnés en France. Au premier semestre 2019, le marché de la vidéo à la demande (VOD) a atteint 457 millions d’euros, selon le CNC. Alors que la location de vidéos à la demande continue à fortement reculer, les formules par abonnement s’imposent et représentent aujourd’hui 78,5 % du marché. 65 services de vidéo à la demande sur Internet étaient actifs en France en 2017, selon une étude du CNC, et quatre services sur cinq étaient spécialisés (manga, jeunesse, musique…).