16 août 2019

Tout s'explique

Israël s’oppose à la visite de deux parlementaires américaines

Pourquoi Israël a-t-il annoncé l’interdiction de la visite de parlementaires américaines ?

Le gouvernement israélien a annoncé hier qu’il interdisait à deux élues démocrates du Congrès américain d’entrer dans le pays en raison de leur soutien à une campagne de boycott d’Israël. Ilhan Omar et Rashida Tlaib avaient prévu de se rendre dans les territoires palestiniens. En juillet, l’ambassadeur d’Israël à Washington avait déclaré que son pays ne bloquerait pas des membres du Congrès américain. Peu avant ce revirement, jeudi matin, le président américain, Donald Trump, avait déclaré sur Twitter que les admettre serait le signe d’une « grande faiblesse » de la part d’Israël. Rashida Tlaib a ensuite demandé une autorisation pour rendre visite à sa grand-mère qui habite près de Ramallah, en Cisjordanie, en s’engageant à ne pas faire la promotion du boycott d’Israël durant son séjour. Elle a obtenu l’accord du gouvernement israélien, mais elle a finalement annulé son déplacement aujourd’hui.

Qui sont les élues démocrates américaines concernées ?

Élues à la Chambre des représentants en 2018, Ilhan Omar et Rashida Tlaib sont les deux premières femmes musulmanes siégeant au Congrès américain. Née en Somalie, la première a fui la guerre lorsqu’elle était âgée de huit ans. Sa famille a passé quatre ans dans un camp de réfugiés au Kenya puis s’est installée dans le Minnesota où elle a été élue. Ancienne avocate, Rashida Tlaib, elle, est née aux États-Unis, à Détroit (Michigan). Ses parents sont originaires de Palestine. Toutes les deux se situent à la gauche du Parti démocrate. Elles défendent la gratuité de l’éducation supérieure, une plus grande égalité femmes-hommes et un système de santé universel. Avec deux autres élues, elles ont été prises à partie fin 2018 par Donald Trump qui les a enjointes de « retourner » dans leur pays d’origine, même si trois d’entre elles sont nées aux États-Unis.

Qu’est-ce que le mouvement BDS ?

Lancé en 2005 à l’initiative de militants propalestiniens, le mouvement BDS (boycott désinvestissement sanctions) vise à modifier la situation des territoires, des citoyens et des réfugiés palestiniens en exerçant une pression sur Israël grâce à trois leviers : un boycott des produits israéliens, le renoncement aux investissements dans le pays, la mise en place de sanctions à son encontre. En 2015, la Cour de cassation, la plus haute juridiction de l’ordre judiciaire français, a condamné des militants du mouvement pour provocation à la discrimination. Dénonçant la politique israélienne, Ilhan Omar et Rashida Tlaib ont publiquement appuyé le mouvement BDS, mais elles sont isolées à la Chambre des représentants qui, le 23 juillet, a voté à une très large majorité une résolution le condamnant. En 2017, Israël a adopté une loi permettant d’interdire l’entrée dans le pays aux partisans du mouvement.