19 août 2019

Tout s'explique

Un Brexit le 31 octobre avec ou sans accord

Que prévoit le gouvernement britannique concernant le Brexit ?

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, – qui doit rencontrer mercredi la chancelière allemande, Angela Merkel, puis jeudi le président français, Emmanuel Macron – a appelé aujourd’hui la France et l’Allemagne à accepter des « compromis » sur l’accord de retrait, rejeté trois fois par le Parlement britannique. Il a toutefois répété qu’il tenait à ce que le Brexit ait lieu à la date désormais prévue, le 31 octobre, et a maintenu être prêt à quitter l’UE « avec ou sans accord ». Hier, le ministre du Brexit, Stephen Barclay, a signé un document fixant au 31 octobre l’abrogation de l’European Communities Act 1972, une loi adoptée en 1972 par le Parlement britannique approuvant la suprématie du droit européen sur le droit britannique.

Quelles seraient les conséquences d’une sortie de l’UE sans accord ?

L’hebdomadaire britannique Sunday Times a publié hier le contenu d’un dossier confidentiel du gouvernement britannique auquel il a eu accès, dans lequel sont détaillées les prévisions de celui-ci en cas de Brexit sans accord. Selon ce dossier, le gouvernement prévoit des pénuries de nourriture, d’essence et de médicaments, en raison de blocages dans les ports et du rétablissement d’une frontière entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord. Une perturbation de trois mois « pourrait avoir lieu » pour les véhicules souhaitant traverser la Manche, jusqu’à 85 % des camions pouvant ne pas être prêts à la réglementation française au 31 octobre. Le ministre Michael Gove, chargé des préparatifs en cas de sortie de l’UE sans accord, a déclaré à la BBC que ce dossier était ancien et décrivait le pire des scénarios et a affirmé que le gouvernement avait depuis accéléré les préparatifs.

Comment s’organise l’opposition au Royaume-Uni ?

Jeremy Corbyn, le dirigeant du Parti travailliste, a demandé mercredi dans une lettre aux responsables de partis d’opposition et à certains députés du Parti conservateur de soutenir la motion de censure du gouvernement qu’il compte déposer début septembre. En cas de réussite, il affirme qu’il chercherait à obtenir la confiance des députés pour devenir Premier ministre « pour un temps strictement limité », afin de négocier un nouveau report du Brexit et d’organiser des élections anticipées, lors desquelles son parti prévoit de faire campagne pour organiser un nouveau référendum sur le Brexit. La Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, à la tête du parti indépendantiste SNP, a déclaré que ce scénario était « l’une des possibilités pour éviter un Brexit sans accord », mais que ce « n’était pas le seul ».