21 août 2019

Tout s'explique

Le problème de la qualité de l’eau

Quels sont les problèmes de qualité de l’eau soulevés par la Banque mondiale ?

La Banque mondiale, une organisation chargée de l’aide au développement, a publié hier un rapport alertant sur la pollution de l’eau douce à travers le monde et les effets qu’elle a non seulement sur la santé publique, mais aussi sur la production agricole et la croissance économique. Le problème concerne aussi bien les pays en développement, tels que l’Inde ou les pays du Maghreb, que les pays les plus riches. En effet, les sources de pollution sont multiples. Le rapport met l’accent sur les nitrates, les microplastiques, les médicaments, la salinité (largement issue des eaux souterraines utilisées pour l’irrigation) et les bactéries provenant des excréments humains, plus d’un milliard d’êtres humains n’ayant pas un accès régulier à des toilettes. La Banque mondiale appelle les gouvernements à sensibiliser les populations, à agir contre les sources de pollution et à investir dans l’assainissement.

Quelle est la situation en France ?

« Non seulement la pollution ne diminue pas avec la croissance économique, mais l’éventail de polluants tend à augmenter avec la prospérité », estime le rapport. En Bretagne, « les eaux de ruissellement provenant des fermes d’élevage ont entraîné des niveaux sans précédent de nitrates dans les eaux souterraines, bien au-delà des limites de sécurité prescrites », souligne-t-il. En 2017, l’association de défense des consommateurs UFC-Que choisir avait alerté sur la dégradation de la qualité de l’eau en France sous l’effet de l’utilisation des pesticides. Elle estimait que 2,8 millions de Français étaient confrontés à une eau polluée et que si 96 % de la population échappait aux pesticides, c’était grâce à de « coûteux traitements de dépollution ».

Quelle est l’ampleur du manque d’eau ?

Si le rapport de la Banque mondiale met l’accent sur la qualité de l’eau, l’ONU dénonce régulièrement un problème de manque et de difficulté d’accès pour les populations. Selon un rapport de l’Unesco, une branche de l’ONU, publié en mars, environ 4 milliards de personnes dans le monde font face à une grave pénurie au moins un mois par an. Les pays concernés sont situés principalement en Afrique, au Proche-Orient et en Asie. Se pose non seulement le problème de l’abondance de la ressource, mais de l’approvisionnement et de l’assainissement. 6 personnes sur 10 dans le monde n’ont pas d’accès régulier à des installations sanitaires, selon le rapport de l’Unesco. Le rapport de la Banque mondiale estime que si ces problèmes quantitatifs sont bien connus, « la qualité de l’eau – en grande partie invisible et difficile à détecter – est largement ignorée ».