22 août 2019

Tout s'explique

Le Brésil dépassé par l’ampleur des feux de forêt

Quelle est l’ampleur des incendies au Brésil ?

Le nombre d’incendies de forêt enregistrés au Brésil depuis le début de l’année est en hausse de 83 % par rapport à la même période en 2018, selon des chiffres publiés mardi par l’INPE, l’agence spatiale brésilienne. Près de la moitié ont été recensés en août. L’INPE, qui s’appuie sur l’exploitation de photos satellite, dit avoir dénombré 72 843 départs de feu, principalement en Amazonie, depuis le 1er janvier. Le président brésilien, Jair Bolsonaro, a déclaré aujourd’hui, dans une vidéo publiée sur Facebook, que son gouvernement n’avait pas les moyens de lutter contre ces incendies. Lundi, la principale ville du pays, Sao Paulo, a été plongée dans l’obscurité pendant une heure en milieu d’après-midi. Cet épisode tient à une combinaison de facteurs – le vent, le froid, l’humidité et les feux de forêt à l’ouest du Brésil, mais aussi en Bolivie et au Paraguay – selon l’institut national de météo brésilien.

En quoi sont-ils liés à la déforestation ?

Interrogé par l’AFP, Paul Moutinho, chercheur à l’Institut de recherche environnementale sur l’Amazonie, un centre de recherche public, estime que « la déforestation explique la majorité des incendies ». « Le feu est utilisé pour nettoyer des zones déjà déforestées, pour ouvrir des pistes ou pour préparer des terres à la culture, explique-t-il. Le manque de prévention fait que ces incendies se propagent à des zones plus sèches qui n’étaient pas destinées à être brûlées. » Or la déforestation a augmenté de 67 % au Brésil au cours des sept premiers mois de l’année par rapport à la même période l’an dernier, selon l’INPE. Pendant sa campagne, Jair Bolsonaro avait estimé que la protection de la forêt représentait un obstacle au développement économique du pays.

Pourquoi des incendies se sont-ils aussi déclarés en Sibérie cette année ?

Depuis cet été, des incendies d’une ampleur exceptionnelle touchent la forêt sibérienne – la taïga – en Russie. Les feux ont été provoqués par des orages secs, renforcés par une chaleur anormale et propagés par des vents forts, a expliqué l’agence fédérale russe des forêts. Ces feux sont situés dans des zones peu peuplées, où la loi russe ne prévoit pas de lutter contre les flammes. Mais les fumées recouvrant plusieurs centaines de villes en Sibérie et dans l’Oural, soulevant des problèmes de santé pour la population, ont fini par convaincre le gouvernement russe d’ordonner fin juillet l’envoi d’avions et d’hélicoptères bombardiers d’eau. Dans un article publié hier, l’association environnementale Greenpeace estime cependant que 90 % des incendies ne sont pas traités et que « les feux de forêt en Sibérie continuent de faire rage ».