27 août 2019

Tout s'explique

La réforme des retraites en préparation

Que souhaite Emmanuel Macron concernant la réforme des retraites ?

« Je préfère qu’on trouve un accord sur la durée de cotisation plutôt que sur l’âge », a déclaré Emmanuel Macron hier soir dans le « 20 heures » de France 2, alors qu’il était interrogé sur la réforme du système de retraite. Conformément à son engagement de campagne, le président français souhaite mettre en place un « système universel de retraite », prévu pour 2025. S’il a répété que « rien n’est décidé » concernant le maintien ou le recul de l’âge légal de départ à la retraite dans la réforme, il estime que, pour être « plus juste », le système de retraite devrait s’appuyer sur la durée de cotisation. Il a ainsi pris le contre-pied du rapport remis mi-juillet par le Haut-Commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, qui recommandait de conserver à 62 ans l’âge légal de départ à la retraite, tout en fixant un « âge d’équilibre » plus élevé, permettant à l’assuré de bénéficier d’une retraite à taux plein et au système de retraite d’être équilibré.

Pourquoi le gouvernement souhaite-t-il réformer le système de retraite ?

Comme l’a réexpliqué Emmanuel Macron hier soir, la réforme doit permettre de créer un système « équilibré financièrement ». Excédentaire jusqu’en 2007, son solde est devenu négatif à partir de 2008 et son déficit s’élevait à 1,8 milliard d’euros en 2018, selon le Comité de suivi des retraites, une structure placée auprès du Premier ministre. Il s’agit également, selon Emmanuel Macron, de mettre fin à un système devenu « injuste », en raison de ses 42 régimes spéciaux et du calcul du taux de retraite différent entre les salariés du privé (réalisé à partir des salaires des 25 meilleures années) et ceux de la fonction publique (réalisé sur les six derniers mois). « Au fond, notre système est devenu corporatiste, ce n’est pas vrai qu’il est universel », a-t-il déclaré. La réforme vise ainsi à ce que chaque euro cotisé donne droit au même niveau de pension, quel que soit le statut, le secteur d’activité et le moment où il a été versé.

Comment les négociations doivent-elles se poursuivre ?

Rien n’est arrêté sur le contour final de la réforme. Le Premier ministre, Édouard Philippe, doit à nouveau rencontrer les partenaires sociaux début septembre. Une consultation des Français est également prévue, en plus de celle déjà mise en place en amont de la rédaction du rapport de Jean-Paul Delevoye. La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a déclaré mercredi que la méthode de consultation serait fixée avec les syndicats début septembre. Certains d’entre eux prévoient de se mobiliser contre la réforme. Le syndicat FO a appelé à une manifestation le 21 septembre et la CGT le 24 septembre. Le Conseil national des barreaux, organisation représentative des avocats, a également appelé à une journée d’action le 16 septembre, dénonçant la « hausse conséquente des cotisations » prévue pour aligner le régime des professions libérales sur celui du privé.