3 septembre 2019

Tout s’explique

Des perturbateurs endocriniens présents chez tous les Français

Que révèle l’étude de Santé publique France ?

Des « polluants du quotidien » sont présents dans l’organisme de tous les Français, selon une étude publiée aujourd’hui par Santé publique France, une agence du ministère de la Santé. Ces polluants sont « des perturbateurs endocriniens ou des cancérigènes, avérés ou suspectés », comme les bisphénols, les phtalates et les parabènes. L’étude précise que l’alimentation n’apparaît pas comme la seule source d’exposition à ces substances, l’utilisation de produits cosmétiques étant également mise en cause. La fréquence de l’aération du logement est une variable importante : plus le logement est aéré, plus les niveaux d’imprégnation sont bas. Ces polluants sont présents de manière plus importante chez les enfants. Des contacts cutanés plus fréquents avec des produits du quotidien, en particulier de la main à la bouche, constituent une des hypothèses permettant d’expliquer cette différence, selon l’étude.

Les perturbateurs endocriniens sont-ils dangereux pour la santé ?

Les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques qui interfèrent avec le système hormonal. Ils peuvent avoir des effets nocifs sur la reproduction, la croissance ou le développement cérébral des personnes touchées et de leur descendance. Trois types de médicament agissant sur le système endocrinien ont été identifiés comme « cancérigènes certains » par le Centre international de recherche sur le cancer, une agence intergouvernementale, qui classe aussi d’autres molécules comme « probablement cancérigènes ». « L’estimation des effets des perturbateurs endocriniens sur la santé humaine est rendue très difficile en raison de nombreuses interrogations sur leurs mécanismes d’action, la multiplicité des substances concernées et des voies d’exposition, l’exposition à de faibles doses, dans la durée ou à des périodes critiques du développement », explique sur son site l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, un établissement public.

Quelles mesures sont mises en place pour les encadrer ?

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, et la ministre de la Transition écologique, Élisabeth Borne, ont présenté aujourd’hui la deuxième « stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens », pour organiser la recherche, la surveillance et la réglementation de ces substances. Elle succède à une première stratégie adoptée en 2014, qui a notamment abouti à la mise en place d’un contrôle des phtalates dans les jouets ou à l’interdiction du bisphénol A sur les tickets de caisse. La nouvelle stratégie présentée aujourd’hui prévoit une meilleure information du public, l’analyse des produits de grande consommation et l’élargissement de la surveillance des populations « à d’autres pathologies que celles de la reproduction ». La France a également interdit aux collectivités en 2017 et aux particuliers en 2019 d’utiliser des pesticides, à l’exception de ceux autorisés en agriculture biologique.