5 septembre 2019

Tout s'explique

Un nouveau gouvernement en Italie

Comment est composé le nouveau gouvernement italien ?

Le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, et les membres de son nouveau gouvernement, issu d’une coalition entre le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) et le Parti démocrate (centre gauche), ont prêté serment ce matin devant le président, Sergio Mattarella. La nouvelle équipe est composée de 21 ministres, dont 10 sont issus du M5S et 10 du centre gauche (neuf pour le Parti démocrate, un pour le parti Libres et égaux). Une seule est sans étiquette ; il s’agit de l’avocate et ancienne préfète de Milan Luciana Lamorgese, qui devient ministre de l’Intérieur en remplacement de Matteo Salvini, le dirigeant de la Ligue (anti-immigration), relégué dans l’opposition. L’ancien vice-Premier ministre et dirigeant du M5S, Luigi Di Maio, devient ministre des Affaires étrangères. Les deux postes de vice-Premiers ministres, créés sous le gouvernement précédent, ont disparu.

Quel est le programme du nouveau gouvernement ?

Le programme commun dévoilé hier par la coalition comporte 26 engagements, majoritairement économiques. Le gouvernement prévoit de « neutraliser l’augmentation de la TVA », alors que le projet de budget prévoit une hausse du taux normal en 2020 de 22 % à 25,20 %. Il souhaite instaurer un salaire minimum national, alors qu’il n’existe pour l’heure que dans certaines branches d’activité, et créer une banque publique d’investissement pour favoriser la croissance dans le sud du pays. Il propose d’instaurer une taxe sur les grandes entreprises du numérique similaire à celle en vigueur en France. Autre engagement majeur : la mise en œuvre d’un « Green New Deal », un programme de développement économique prenant en compte la préservation de l’environnement. S’agissant des flux migratoires, l’engagement du gouvernement se limite à un appel à « promouvoir une réponse européenne forte » sur cette question et à mieux lutter contre l’immigration clandestine, tout en « s’attaquant aux problèmes d’intégration ».

À quelles contraintes budgétaires le gouvernement est-il confronté ?

En Italie, le déficit public enregistré en 2018 et prévu en 2019 se maintient en dessous des 3 % exigés par les règles européennes. Le gouvernement a toutefois peu de marges de manœuvre du fait d’une croissance faible (0,9 % en 2018, selon Eurostat) et surtout d’une dette extrêmement élevée – elle a atteint l’an dernier 132,2 % de son produit intérieur brut (PIB), selon Eurostat, un niveau plus de deux fois supérieur à celui demandé par l’UE (60 % du PIB). Cet été, la Commission européenne a renoncé à sanctionner l’Italie après que l’ancien gouvernement italien s’est engagé à présenter à l’automne un budget 2020 conforme aux règles européennes, comprenant notamment une hausse de la TVA. Pour « neutraliser » cette dernière comme il le promet, le nouveau gouvernement devra donc obtenir de la Commission européenne des « marges de flexibilité » comme il le dit dans son programme ou trouver de nouvelles ressources financières.