10 septembre 2019

C'est leur avis

Le rôle contre-productif du FMI en Argentine

Le président argentin, Mauricio Macri, a demandé la semaine dernière un rééchelonnement de la dette de son pays au Fonds monétaire international (FMI), un organisme chargé d’aider les États connaissant des difficultés financières. Dans Le Monde, l’éditorialiste Stéphane Lauer estime que la situation dans laquelle se trouve le pays illustre les pratiques infructueuses du FMI.

« M. Macri, arrivé au pouvoir fin 2015, passait pour un bon élève, prêt à appliquer les recettes du consensus de Washington, ce corpus de mesures d’inspiration libérale appliquées aux économies en difficulté. Dans le cas de l’Argentine, il s’agissait d’abord de supprimer le contrôle des capitaux. Ensuite, de mettre fin aux subventions publiques dans l’énergie, l’eau ou les transports, qui servaient d’amortisseur social dans un pays où le taux de pauvreté est de 32 %, mais qui, selon le FMI, perturbaient le bon fonctionnement de l’économie. […] La suppression des subventions a provoqué une inflation incontrôlable, début d’un effet domino dans lequel le FMI a une responsabilité à la fois en tant que préconisateur, puis en tant que prêteur. Inciter l’Argentine à se mettre aveuglément dans les mains des marchés internationaux s’est révélé désastreux. » Stéphane Lauer