12 septembre 2019

Tout s'explique

La BCE cherche à relancer la croissance

Qu’a annoncé la Banque centrale européenne?

Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE), a annoncé aujourd’hui plusieurs mesures pour stimuler l’inflation et la croissance. La BCE a en particulier baissé de 0,1 point son taux de dépôt, désormais établi à -0,5 %. Cet indicateur désigne le taux d’intérêt auquel sont rémunérés les dépôts que les établissements financiers, comme les banques, effectuent auprès de la BCE. Le fait qu’il soit négatif signifie que les banques doivent payer pour stocker leur argent. L’institution va par ailleurs relancer le rachat de dette publique et privée, à hauteur de 20 milliards d’euros par mois, à partir du 1er novembre. Cette politique dite d’« assouplissement quantitatif » (ou QE, de l’anglais « quantitative easing ») avait été déployée à partir de mars 2015, alors que la zone euro faisait face à un risque de déflation, soit une baisse durable du niveau des prix. La BCE avait interrompu ce programme en décembre 2018.

Pourquoi la BCE prend-elle ces décisions ?

La BCE cherche à relancer les économies européennes, le PIB de la zone euro n’ayant augmenté que de 0,2 % au deuxième trimestre 2019. La baisse drastique des taux directeurs de la BCE engagée ces dernières années a bien diminué le coût des crédits accordés aux ménages et aux entreprises, mais elle n’a pas suffi à relancer la consommation et la croissance. Le taux d’inflation (hausse des prix) annuel de la zone euro a stagné à 1 % en août, quand la BCE vise un objectif de 2 %. En abaissant son taux de dépôt, la BCE va une nouvelle fois tenter de décourager les banques de placer auprès d’elle leur excès de trésorerie, pour les inciter plutôt à injecter leur argent dans l’économie. Quant à sa politique d’assouplissement quantitatif, elle vise à apporter de l’argent aux banques afin de leur permettre de prêter plus facilement, et avec un taux plus faible, aux entreprises et aux particuliers.

Comment agissent les autres banques centrales ?

La Fed, la banque centrale américaine, a annoncé début août la réduction de ses taux directeurs, une première depuis 2008. Elle les avait au contraire remontés à plusieurs reprises depuis 2015, jugeant l’activité américaine solide. Depuis le début de l’année, les banques centrales de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, de l’Inde, de la Malaisie ou encore des Philippines ont également abaissé leurs taux directeurs. Toutes tentent ainsi de soutenir la croissance et l’inflation. Dans L’Opinion, Neil Shearing, économiste en chef de la société britannique de conseil Capital Economics, s’inquiète des marges de manœuvre réduites dont les banques centrales disposeraient en cas de nouvelle crise, les taux étant désormais très bas, surtout au Japon et dans plusieurs pays européens comme la Suède, la Suisse ou encore le Danemark, où ils sont déjà en dessous de zéro.