16 septembre 2019

Tout s'explique

Attaque contre des installations pétrolières en Arabie saoudite

Que s’est-il passé en Arabie saoudite ?

Deux installations pétrolières de la compagnie nationale saoudienne Aramco ont été la cible d’attaques de drones samedi matin, qui ont provoqué des incendies, mais n’ont pas fait de blessé ou de victime, selon le PDG d’Aramco cité par l’agence Saudi Press Agency. L’attaque a été revendiquée par un porte-parole des Houthis, un mouvement politique et religieux yéménite en guerre contre les forces loyalistes de son pays depuis 2015. Au Yémen, les Houthis affrontent également l’Arabie saoudite, qui dirige une coalition militaire internationale soutenant le gouvernement yéménite. C’est au moins la troisième fois cette année que les Houthis revendiquent une attaque contre des installations pétrolières saoudiennes, des précédents ayant eu lieu en mai et en août.

Quel est l’impact de cette attaque sur la production pétrolière ?

Les cours du pétrole avaient grimpé de 10 % environ ce matin. Aramco a déclaré samedi l’arrêt temporaire de la production pétrolière à la suite de ces attaques. Cela représente une baisse de 50 % de la production saoudienne de pétrole, selon le ministre saoudien de l’Énergie. L’Arabie saoudite est le deuxième plus gros producteur de pétrole brut, avec 13 % de la production mondiale, selon le rapport sur l’énergie mondiale en 2018 de l’entreprise pétrolière britannique BP. « Une partie de la baisse de la production sera compensée pour ses clients grâce aux stocks » du pays, a déclaré le ministre saoudien de l’Énergie, ce qui permet d’assurer les livraisons. Francis Duseux, président de l’Union française des industries pétrolières, a déclaré à l’AFP qu’on peut « s’attendre assez rapidement à une augmentation de l’ordre de 4 ou 5 centimes » des prix du litre à la pompe en France.

Pourquoi les États-Unis accusent-ils l’Iran d’en être responsable ?

« L’Iran a lancé une attaque sans précédent contre l’approvisionnement énergétique mondial », a déclaré samedi sur Twitter Mike Pompeo, le secrétaire d’État américain, l’équivalent du ministre des Affaires étrangères. Le président américain, Donald Trump, a affirmé que les États-Unis étaient « prêts à riposter ». Les États-Unis accusent l’Iran, car ce pays soutient les rebelles houthis qui s’opposent à la coalition internationale menée par l’Arabie saoudite. La Chine et l’UE ont exhorté aujourd’hui les États-Unis et l’Iran à la « retenue ». Les relations entre les États-Unis et l’Iran sont particulièrement tendues depuis que les États-Unis se sont retirés l’an dernier de l’accord sur le nucléaire iranien, signé en 2015, qui prévoyait que l’Iran limite sa production nucléaire à un usage civil pour 10 ans en échange d’une levée de plusieurs sanctions internationales.