17 septembre 2019

Tout s'explique

Emmanuel Macron fait de l’immigration une de ses priorités

Qu’a déclaré Emmanuel Macron au sujet de l’immigration ?

S’adressant hier soir aux parlementaires LREM et MoDem, Emmanuel Macron a fait part de ses priorités pour la deuxième partie du quinquennat, comme l’immigration, alors que le gouvernement a prévu une déclaration suivie d’un débat sur le sujet à l’Assemblée nationale le 30 septembre. « En prétendant être humaniste, on est parfois trop laxiste », a déclaré Emmanuel Macron. « Les bourgeois n’ont pas de problème avec cela, ils ne la croisent pas. Les classes populaires vivent avec. La gauche n’a pas voulu regarder ce problème pendant des décennies. Les classes populaires ont donc migré vers l’extrême droite », a-t-il ajouté. Le gouvernement a déjà fait adopter l’an dernier un projet de loi sur l’immigration et le droit d’asile, qui a notamment réduit le nombre de jours pour déposer une demande d’asile et doublé la durée possible de rétention administrative pour les personnes en instance d’expulsion.

Quelles sont les données concernant l’asile en France ?

Emmanuel Macron s’est inquiété fin août devant les ambassadeurs français de voir la France « devenir le premier pays européen de demandes d’asile ». Selon l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), 123 625 dossiers ont été traités l’an dernier, soit près de 23 % de plus qu’en 2017. Si cette augmentation « s’inscrit dans la continuité de la hausse de la demande d’asile globale observée depuis 2015 », selon l’Ofpra, le « rythme de progression s’accélère comparativement aux années 2016 (+7,1 %) et 2017 (+17,5 %) ». L’Afghanistan est devenu le premier pays de provenance des demandeurs d’asile, devant l’Albanie. Viennent ensuite les demandes géorgiennes qui ont très fortement augmenté (+256 %). En comparaison, les demandes d’asile en Europe ont baissé en 2018 pour la troisième année consécutive, atteignant environ le niveau de 2014, selon le Bureau européen d’appui en matière d’asile, une agence de l’UE.

Comment fonctionne l’aide médicale d’État que le gouvernement souhaite réformer ?

Mercredi dernier, la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, a déclaré que l’Aide médicale d’État (AME) serait conservée, mais que ses modalités seraient « discutées ». L’AME est destinée à permettre l’accès aux soins des personnes en situation irrégulière, vivant depuis plus de trois mois en France, selon le site de l’Assurance maladie. Elle est attribuée sous conditions de ressources, soit moins de 9 000 euros de revenus annuels pour une personne seule. L’AME ne s’adresse donc pas aux demandeurs d’asile, qui peuvent quant à eux bénéficier de la protection universelle maladie. L’AME donne droit à la prise en charge de 100 % des soins médicaux et hospitaliers, dans la limite des tarifs de base de la Sécurité sociale. Plus de 300 000 personnes bénéficiaient de l’AME en 2017, selon les dernières données de la commission des Affaires sociales du Sénat, et le budget 2019 prévoyait 935 millions d’euros pour la financer.