19 septembre 2019

Tout s'explique

Grève contre un projet de scission d’EDF

Pourquoi des agents d’EDF étaient-ils en grève aujourd’hui ?

Les organisations syndicales représentatives (CGT, CFDT, FO et CFE-CGC) du producteur et fournisseur d’électricité EDF avaient appelé les salariés à se mobiliser aujourd’hui contre le projet de réorganisation des activités du groupe, baptisé « Hercule », que les syndicats assimilent à un « démantèlement ». En novembre 2018, le gouvernement a demandé à la direction d’EDF de lui soumettre d’ici la fin de l’année 2019 des propositions de réaménagement. Mardi, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a expliqué que l’objectif de ce projet était « de donner à EDF les capacités financières de se développer » malgré sa dette afin de lui permettre d’investir dans les énergies renouvelables et le nucléaire. Un tiers des agents, soit 20 000 personnes, étaient en grève aujourd’hui, selon l’agence de presse Reuters.

Quelle réorganisation est envisagée ?

Le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, a présenté en juin le projet de scinder le groupe en deux entités, avec d’un côté « EDF Bleu », qui comprendrait les activités nucléaires, les barrages hydroélectriques ainsi que la filiale RTE, chargée de gérer le réseau de transport d’électricité, et de l’autre « EDF Vert », qui regrouperait les activités de vente d’électricité, les énergies renouvelables et la filiale Enedis, chargée de la distribution d’électricité. « EDF Bleu » serait entièrement renationalisée tandis qu’« EDF Vert » serait davantage ouverte aux investisseurs. Dans une tribune publiée vendredi dans Les Échos, 42 députés Les Républicains se sont inquiétés de ce projet qui veut « ouvrir aux financements privés ce qui a le moins besoin d’argent » et « refermer sur un État prisonnier de ses contraintes budgétaires » la partie de l’activité « qui a des besoins colossaux ».

Quelle est la situation d’EDF ?

Ancien établissement public, EDF est devenu une société anonyme à capitaux publics en 2004. L’année suivante, 15 % de son capital a été introduit en bourse. Ces évolutions ont été rendues nécessaires par la volonté de l’Union européenne et de ses États membres d’ouvrir le marché de l’électricité à la concurrence. EDF appartient aujourd’hui à près de 84 % à l’État français. La dette de l’entreprise s’élevait à 37,4 milliards d’euros en juin, selon les documents du groupe. EDF a de nombreux investissements à financer, notamment le « grand carénage », un chantier de rénovation qui vise à accroître la durée de vie des centrales nucléaires. L’entreprise évalue son coût à 45 milliards d’euros pour la période 2014-2025. EDF doit également gérer les retards de construction de son réacteur EPR à Flamanville (Manche), dont la mise en service, initialement prévue en 2012, est désormais reportée à 2022.