20 septembre 2019

Tout s'explique

La contestation perdure en Algérie

Dans quelles conditions se déroulent les manifestations du jour ?

Comme chaque vendredi depuis février, une manifestation contre le pouvoir en place en Algérie s’est déroulée aujourd’hui à Alger, ainsi que dans d’autres villes du pays. Mercredi, le chef d’état-major de l’armée, le général Ahmed Gaïd Salah, avait ordonné aux forces de l’ordre d’empêcher les personnes originaires d’autres régions du pays de rejoindre Alger pour y manifester. Des barrages et des points de contrôle fixes ont ainsi été installés à l’entrée de la capitale. Les autorités ont procédé récemment à plusieurs arrestations. Hier, elles ont placé en détention provisoire l’opposant et ancien journaliste Fodil Boumala. Il s’agissait de la troisième figure de la contestation à être placée en détention provisoire en une semaine, après l’activiste Samir Benlarbi et Karim Tabbou, cofondateur du mouvement politique Union démocratique et sociale, qui réclame une transition politique en Algérie.

Que réclament les manifestants ?

Le mouvement de contestation algérien, baptisé Hirak, a débuté en février, après l’annonce de la candidature à sa réélection du président Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 1999. Plusieurs centaines de milliers de personnes ont exprimé chaque semaine leur opposition à cette candidature pour le scrutin initialement prévu le 18 avril. Malgré l’annonce de la démission d’Abdelaziz Bouteflika en avril, le report à deux reprises de la présidentielle et la mise en place d’un gouvernement provisoire, les manifestations se sont poursuivies. Dimanche, le président par intérim, Abdelkader Bensalah, a annoncé que le scrutin aurait lieu le 12 décembre. Les manifestants réclament toujours le départ du pouvoir de tous les responsables déjà en place du temps d’Abdelaziz Bouteflika, tels que le président par intérim et le chef d’état-major de l’armée, comme un préalable à l’organisation d’une élection présidentielle.

Comment le scrutin va-t-il être organisé ?

Le Parlement algérien a adopté la semaine dernière deux lois portant sur la révision du régime électoral algérien et la création d’une Autorité nationale indépendante des élections, chargée de superviser le scrutin. Les membres de cette autorité, dirigée par l’ancien ministre de la Justice Mohamed Charfi, ont prêté serment mardi. Selon la nouvelle loi relative au régime électoral, les personnes souhaitant se présenter à l’élection présidentielle doivent recueillir au moins 50 000 signatures d’électeurs. Un porte-parole de l’Autorité nationale indépendante des élections a annoncé aujourd’hui que 10 personnes avaient jusqu’à présent retiré les formulaires de souscription pour devenir candidat à l’élection présidentielle. Parmi eux « figurent des représentants de partis et des indépendants », a-t-il précisé.