27 septembre 2019

Tout s'explique

Les suites de l’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen

Quelles sont les premières conséquences de l’incendie ?

Un incendie s’est déclaré dans la nuit de mercredi à jeudi à Rouen (Seine-Maritime) dans l’usine Lubrizol, un site classé Seveso « seuil haut » qui fabrique des additifs pour les huiles pour moteurs. Dès hier, par mesure de précaution, la préfecture de Seine-Maritime a annoncé la fermeture des établissements scolaires et des crèches à Rouen et dans 12 communes de l’agglomération rouennaise. Elles rouvriront lundi matin. Ce vendredi, de nombreuses retombées de suie ont été constatées dans la ville, note la préfecture, qui recommande de ne pas les toucher à mains nues. Elle rapporte également que des odeurs nauséabondes « peuvent être perçues » dans la ville. Celles-ci ont conduit à l’évacuation des locaux de France 3 à Rouen, explique l’équipe sur son site. À Déville-lès-Rouen, qui ne fait pas partie des communes où les établissements scolaires devaient rester clos, deux lycées ont également fermé ce matin après qu’une enseignante et des lycéens ont été pris de nausées, relate France Bleu Normandie.

Que sait-on de la dangerosité des fumées ?

Sur France Bleu Normandie ce matin, le préfet de Seine-Maritime, Pierre-André Durand, a expliqué qu’il n’y avait « pas de toxicité aiguë » dans la composition des fumées, et qu’il n’y avait donc « pas lieu de s’équiper avec des masques ». Selon lui, 78 mesures ont été réalisées dans 26 lieux différents à Rouen et dans les communes voisines et les analyses font apparaître « des substances carbonées classiques », comme des composants d’huile et d’hydrocarbures. D’autres analyses, notamment des traces de suie, sont en cours. Dans un communiqué publié cet après-midi, la préfecture assure que l’usine ne stockait pas de produits radioactifs et que les instruments de mesure qui comportaient des éléments radioactifs n’ont pas été exposés au feu. Plusieurs élus locaux se sont plaints d’un manque d’informations, dont David Cormand (EELV), qui réclame sur Twitter « des mesures de suivi sanitaire et épidémiologique ».

Qu’est-ce qu’un site Seveso ?

La pollution créée en 1976 par le rejet de dioxine, un produit chimique, après un accident dans une usine de la ville italienne de Seveso, a poussé l’Union européenne à se doter d’une réglementation pour prévenir les risques industriels majeurs. Adoptée en 1982 et plusieurs fois modifiée depuis, la directive dite « Seveso » prévoit le classement des sites utilisant des matières premières dangereuses en deux catégories – « seuil bas » et « seuil haut » – en fonction de la quantité et du type des produits. Une étude des dangers potentiels permet d’élaborer des plans de sécurité et d’intervention, mais aussi de définir des limites à l’urbanisation autour des sites. Elle doit être réactualisée au moins tous les cinq ans pour les sites les plus à risque (« seuil haut »). La dernière révision de la directive Seveso, entrée en vigueur en juin 2015, prévoit d’améliorer l’accès du public à l’information. Le ministère de la Transition écologique recense 1 312 sites Seveso en France, dont 705 en « seuil haut ».