2 octobre 2019

Tout s'explique

Les répercussions de l’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen

Quels produits étaient stockés dans l’usine Lubrizol ?

La préfecture de Seine-Maritime a publié hier soir la liste des produits qui étaient stockés dans l’usine Lubrizol de Rouen, où un incendie s’est déclaré le 26 septembre. Cette liste est accompagnée de 479 fiches de sécurité qui « précisent les caractéristiques des produits et les risques associés, notamment en cas de combustion ». Au total, 5253 tonnes de produits chimiques ont brûlé dans l’incendie, dont 62,9 % d’additifs multi-usages, selon la préfecture. L’huile minérale représente 44 % des produits brûlés. Dans la liste figurent également des solvants (0,5 %) ou encore des détergents (4 %). La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a déclaré ce matin sur France Inter que « personne ne sait exactement ce que donnent ces produits mélangés lorsqu’ils brûlent ». Elle a précisé avoir demandé une évaluation à l’Institut national de l’environnement industriel et des risques, un établissement public placé sous la tutelle du ministère de la Transition écologique.

Que sait-on des résultats des analyses ?

Le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, a annoncé lundi que des premiers résultats sur les analyses des dépôts de suie seraient publiés « d’ici à la fin de la semaine ». Évoquant ce matin la qualité de l’eau et de l’air, la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, a assuré que les premiers résultats étaient « extrêmement rassurants » et ne montraient « pas de pollution supplémentaire et inhabituelle ». Atmo Normandie, l’organisme qui assure la surveillance la qualité de l’air, incite à « rester prudent dans l’interprétation » des résultats portant sur l’air « puisque les composés sont instables et se dégradent rapidement ». Il signale que d’autres résultats sont encore attendus. Concernant l’amiante, la préfecture a déclaré hier qu’il n’y avait pas « d’anomalie en l’espèce » mais que « d’autres résultats seront prochainement disponibles ».

Où en est l’enquête ?

L’enquête, ouverte jeudi pour « destructions involontaires par l’effet d’une explosion ou d’un incendie », a été élargie deux jours plus tard au chef de « mise en danger de la vie d’autrui ». Une quarantaine de plaintes ont été déposées, dont quatre émanant d’agriculteurs. Hier soir, le parquet de Rouen a annoncé s’être dessaisi de l’enquête au profit du pôle de santé publique du parquet de Paris en raison de la « technicité » des investigations. Ce matin, l’Assemblée nationale a décidé d’ouvrir une mission d’information sur l’incendie. Sibeth Ndiaye a annoncé ce matin que le ministère de la Transition écologique allait demander aux dirigeants de sites classés Seveso d’effectuer « un contrôle supplémentaire ».