3 octobre 2019

Tout s'explique

Les nouvelles propositions britanniques pour le Brexit

Que propose le Premier ministre britannique ?

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a transmis hier de nouvelles propositions à la Commission européenne en vue d’un accord pour la sortie du Royaume-Uni de l’UE. Ces propositions visent à éviter l’instauration d’une frontière physique entre l’Irlande du Nord (région membre du Royaume-Uni) et l’Irlande (pays membre de l’UE) en respect d’un accord de paix signé en 1998. Boris Johnson refuse, pour des raisons de souveraineté, que le Royaume-Uni ou l’Irlande du Nord reste membre de l’Union douanière européenne en attendant la conclusion d’un accord de libre-échange avec l’UE. Il propose une frontière souple entre l’Irlande et l’Irlande du Nord, sous la forme de déclarations de douane et de contrôles à distance de la frontière. Il propose également que l’Irlande du Nord reste alignée sur les règles du marché intérieur européen pour les biens, à condition que son parlement intérieur l’approuve fin 2020 puis tous les quatre ans.

Quelles sont les réactions à ces propositions ?

Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, a salué hier la « détermination » de Boris Johnson à faire progresser les discussions. Il a cependant mis en avant des « points problématiques qui nécessiteront un travail supplémentaire dans les prochains jours ». Le Premier ministre de la République d’Irlande, Leo Varadkar, a exprimé aujourd’hui ses réserves sur les propositions de Boris Johnson concernant l’instauration de contrôles douaniers dans l’île. Le comité de pilotage sur le Brexit du Parlement européen a rejeté aujourd’hui dans un communiqué ces propositions, estimant que les contrôles envisagés « ne seraient pas suffisants pour garantir la protection des consommateurs et des entreprises de l’Union européenne » et attirant l’attention sur « la sauvegarde de la paix et de la stabilité » en Irlande.

Quelles sont les prochaines étapes ?

Un accord sur le Brexit conclu entre l’ancienne Première ministre, Theresa May, et l’UE a été rejeté trois fois par les députés britanniques, contraignant le gouvernement à demander à deux reprises à ses partenaires européens un report de la date du Brexit, désormais fixée au 31 octobre. À de nombreuses reprises, Boris Johnson a affirmé qu’un nouveau report n’était pas envisageable et que le Royaume-Uni sortirait à cette date de l’UE avec ou sans accord. Il a maintenu cette affirmation hier malgré le vote par le Parlement britannique, le 4 septembre, d’un texte obligeant le Premier ministre à demander à l’UE un nouveau report du Brexit au 31 janvier 2020 si aucun accord de retrait n’était conclu avant le 19 octobre. Les 17 et 18 octobre, un sommet européen des chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne se tiendra à Bruxelles.