8 octobre 2019

Tout s'explique

Emmanuel Macron appelle à la vigilance contre l’islamisme

Qu’a déclaré Emmanuel Macron concernant le terrorisme islamiste ?

Emmanuel Macron s’est exprimé aujourd’hui à la préfecture de police de Paris, lors d’une cérémonie d’hommage aux quatre fonctionnaires tués jeudi dernier lors d’une attaque au couteau par un de leurs collègues, un informaticien de la direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP) de Paris. En poste depuis 2003, il s’était converti à l’islam depuis environ 10 ans et adhérait à une « vision radicale », a déclaré samedi le procureur de la République chargé de l’enquête au sein du parquet national antiterroriste, qui s’est saisi vendredi de l’enquête. « Qu’un individu imprégné d’une telle idéologie puisse exercer dans le lieu précisément où l’on traque les individus dangereux est inconcevable », a déclaré Emmanuel Macron. « Face au terrorisme islamiste, nous mènerons le combat, sans relâche », a-t-il ajouté, précisant qu’il ne s’agit pas d’un « combat contre une religion, mais bien contre son dévoiement et ce qui conduit au terrorisme ».

Où en est l’enquête ?

Plusieurs enquêtes sont en cours pour déterminer les motifs de l’attaque et les informations auxquelles le tueur avait accès et qu’il aurait pu partager. Son épouse a été remise en liberté dimanche, après trois jours de garde à vue, sans faire l’objet de poursuites. Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a été auditionné aujourd’hui notamment par la délégation parlementaire au renseignement. Elle cherchait à comprendre comment le tueur a pu continuer d’avoir accès à une habilitation secret-défense, alors que certains de ses collègues avaient déclaré auprès de leur hiérarchie avoir noté des signes de radicalisation chez lui, sans qu’aucune suite ne soit donnée à ces déclarations, selon un rapport de la DRPP de Paris daté de samedi. Le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, a annoncé aujourd’hui qu’il approuverait la création, à la demande d’élus, d’une commission d’enquête sur le sujet.

Comment les citoyens sont-ils associés au signalement de situations suspectes ?

« L’administration seule et tous les services de l’État ne sauraient venir à bout de l’hydre islamiste », a déclaré ce matin Emmanuel Macron. Il a appelé à bâtir « une société de vigilance » et a invité chacun à repérer les « petits gestes qui signalent un éloignement avec les lois et les valeurs de la République ». D’ores et déjà, les citoyens sont associés au plan Vigipirate, un outil de lutte contre le terrorisme sous l’autorité du Premier ministre, actuellement appliqué au niveau « sécurité renforcée, risque attentat ». Selon ce plan, « chacun a un rôle à jouer dans la prévention d’un passage à l’acte violent » en signalant « des faits, objets ou comportements » suspects à la police ou à la gendarmerie nationale. D’autres dispositifs de vigilance entre citoyens existent, tels que « Voisins vigilants et solidaires », instauré pour la première fois en France en 2007 et visant à signaler tout comportement suspect comme un vol dans son voisinage ou un fait de délinquance.