15 octobre 2019

Tout s'explique

Un candidat indépendant élu président en Tunisie

Qui est Kaïs Saïed ?

Kaïs Saïed a remporté hier le second tour de l’élection présidentielle tunisienne avec 72,7 % des voix, face à Nabil Karoui, d’après l’instance indépendante tunisienne chargée des élections, qui a publié des résultats préliminaires hier soir. Kaïs Saïed doit prêter serment d’ici fin octobre et remplacera Mohamed Ennaceur, chef de l’État par intérim depuis le décès du président Béji Caïd Essebsi en juillet. Professeur de droit à la retraite âgé de 61 ans, Kaïs Saïed a participé au comité d’experts chargé de rédiger la Constitution de 2014. Candidat indépendant, il s’est prononcé contre l’abolition de la peine de mort, contre la légalisation de l’homosexualité et contre l’égalité entre les femmes et les hommes en matière d’héritage. Il promeut une réforme des institutions, avec la création de conseils locaux élus, qui désigneraient ensuite des représentants régionaux, lesquels éliraient ensuite les membres du Parlement.

De quels pouvoirs dispose-t-il ?

Selon la Constitution tunisienne, le pouvoir exécutif est partagé entre le président de la République et le chef du gouvernement. C’est le président qui charge le candidat du parti politique ou de la coalition électorale ayant obtenu le plus grand nombre de sièges lors des élections législatives de former un gouvernement. Garant de l’indépendance de l’État, de l’intégrité du territoire et du respect de la Constitution, le président tunisien exerce un mandat de cinq ans, renouvelable une fois. Selon l’article 77 de la Constitution, il détermine « les politiques générales dans les domaines de la défense, des relations étrangères et de la sécurité nationale », après consultation du chef du gouvernement. Il assure également le haut commandement des forces armées, nomme le mufti de la République tunisienne, c’est-à-dire la plus haute autorité religieuse du pays, et peut dissoudre le Parlement.

Quelles sont les forces politiques présentes au Parlement ?

Le Parlement tunisien est composé d’une seule chambre, l’Assemblée des représentants du peuple. Des élections législatives se sont déroulées en Tunisie le 6 octobre. C’est le parti islamo-conservateur Ennahdha, membre de la coalition sortante, qui est arrivé en tête, selon les résultats préliminaires de l’instance chargée des élections. Avec 52 sièges sur 217, le parti – qui a appelé à voter pour Kaïs Saïed au second tour de la présidentielle – ne dispose pas de la majorité et perd 17 sièges par rapport aux élections précédentes. Il devra donc former une coalition avec plusieurs partis, le reste des sièges étant réparti entre 30 partis ou candidats indépendants. Le mouvement politique Qalb Tounes, de l’homme d’affaires et candidat au second tour de la présidentielle Nabil Karoui, est arrivé deuxième et dispose de 38 sièges, tandis que le parti social-démocrate Courant démocrate est en troisième position avec 22 sièges.