21 octobre 2019

Tout s'explique

Des manifestations pour dénoncer les inégalités sociales au Chili

Quelles sont les causes des manifestations au Chili ?

Des manifestations se déroulent au Chili depuis deux semaines et se sont intensifiées depuis vendredi pour dénoncer la hausse appliquée le 6 octobre par le gouvernement au prix du ticket de métro à Santiago, la capitale. Le tarif aux heures de pointe a augmenté de près de 4 %. Il s’agissait de la deuxième augmentation depuis le début de l’année. Le métro de Santiago, qui dispose d’un réseau de 140 kilomètres, transporte chaque jour près de 3 millions de passagers. Face à l’ampleur de la mobilisation et des émeutes, le président chilien, Sebastian Piñera, a annoncé samedi la suspension de cette hausse. Cette suspension doit encore être validée par une loi. Les manifestations se poursuivent toutefois, avec des pancartes dénonçant en particulier les inégalités sociales. Des émeutes, des pillages, des incendies et des affrontements avec la police ont eu lieu au cours du week-end, faisant au moins 11 morts, selon un bilan officiel.

Comment l’État répond-il à ces émeutes ?

« Nous sommes en guerre contre un ennemi puissant » qui est prêt à « faire usage de la violence et de la délinquance sans aucune limite », a déclaré hier soir le président chilien, Sebastian Piñera. Il a étendu à plusieurs villes l’état d’urgence prononcé vendredi soir pour les provinces de Santiago et de Chacabuco, située au nord de Santiago. L’état d’urgence permet au gouvernement de prendre des mesures d’exception pour assurer l’ordre public. Plus de 10 000 militaires ont été déployés à Santiago et dans les environs. Samedi soir, un couvre-feu a été instauré à Santiago. C’est la première fois qu’un couvre-feu est imposé depuis la fin de la dictature militaire d’Augusto Pinochet en 1990. Selon les autorités, au moins 2 100 personnes ont été arrêtées. L’entreprise gestionnaire du métro a constaté des dégradations sur la quasi-totalité de ses 164 stations.

Quelle est l’importance des inégalités au Chili ?

« Le Chili est en bonne santé sur le plan économique, mais un triple problème se pose toujours : comment rehausser la productivité, améliorer la compétitivité internationale et réduire les inégalités », soulignait l’an dernier dans une note le secrétaire général de l’OCDE, une organisation qui regroupe 36 pays parmi les plus industrialisés. D’après l’organisme, les inégalités de revenus dans le pays étaient supérieures de plus de 65 % à la moyenne de l’OCDE, avec un écart entre les revenus des 10 % les plus riches de la population par rapport à ceux des 10 % les plus démunis « parmi les plus élevés de l’OCDE ». L’organisation soulignait aussi que près d’un tiers des travailleurs chiliens occupaient des « emplois informels ou non permanents ».