24 octobre 2019

Tout s'explique

La France propose Thierry Breton comme commissaire européen

Qui est Thierry Breton ?

L’Élysée a annoncé aujourd’hui qu’Emmanuel Macron avait proposé Thierry Breton comme nouveau membre français de la Commission européenne après le rejet le 10 octobre de la candidature de Sylvie Goulard par le Parlement européen. Âgé de 64 ans, Thierry Breton est depuis 2009 le PDG de l’entreprise française de services numériques Atos. Après avoir été professeur d’informatique et de mathématiques au lycée français de New York, il a créé en 1981 une société d’ingénierie informatique puis a été chef de projet du parc de loisirs Futuroscope (1986-1990). Il a également été PDG du fabricant de produits électroniques et électroménagers Thomson (1997-2002) puis du groupe de télécommunications France Télécom (2002-2005). Conseiller régional de Poitou-Charentes (1986-1992), il a été ministre de l’Économie de 2005 à 2007 sous la présidence de Jacques Chirac.

En quoi consiste le portefeuille du Marché intérieur ?

La candidature de Thierry Breton, qui devra être approuvée par le Parlement européen, est proposée pour le portefeuille du Marché intérieur, initialement destiné à Sylvie Goulard. Ce poste consiste à « mener la politique de l’UE pour ce qui concerne la libre circulation des biens et des services », selon la Commission européenne. Le portefeuille inclut la politique industrielle, la défense, l’espace et le numérique. Selon le député européen écologiste Yannick Jadot, la candidature de Thierry Breton pose « de nouvelles questions de conflit d’intérêts », puisqu’il est « actionnaire d’une entreprise qui touche des subventions européennes ». Yannick Jadot estime que cette situation « pourrait conduire à une réduction de son portefeuille », ce qu’exclut l’Élysée. Contacté par Brief.me, le service de presse de l’Élysée insiste sur le fait que Thierry Breton a justement été « choisi pour ses compétences et son expérience » dans ces domaines, tout en ajoutant qu’il « saura comment éviter toute forme de conflit d’intérêts ».

Où en est le processus de nomination des commissaires ?

La commission des Affaires juridiques du Parlement européen a rejeté fin septembre les candidatures du Hongrois Laszlo Trocsanyi et de la Roumaine Rovana Plumb, également pour des questions de conflits d’intérêts. Le premier se voit reprocher ses liens avec le cabinet d’avocats qu’il a créé et la seconde, un emprunt financier douteux. Le porte-parole du Parlement européen, Jaume Duch, a déclaré la semaine dernière que l’institution demandait « la nomination rapide des trois nouveaux commissaires désignés » et qu’elle était prête à les auditionner de manière à ce que la nouvelle Commission européenne entre en fonction le 1er décembre. La Hongrie a déjà présenté un nouveau candidat, l’ex-ambassadeur auprès de l’UE Oliver Varhelyi. Le gouvernement roumain a été renversé par le Parlement le 10 octobre et le président a demandé un délai pour proposer une nouvelle personne.