25 octobre 2019

Tout s'explique

Réélection contestée pour le président bolivien

Quel est le résultat des élections en Bolivie ?

Le Tribunal supérieur électoral bolivien a publié hier soir les résultats du premier tour de l’élection présidentielle qui s’est déroulée dimanche, après avoir comptabilisé 99,99 % des votes. Le président sortant, Evo Morales, chef de l’État depuis 2006, est donné vainqueur avec 47 % des voix, contre 36 % pour son opposant principal Carlos Mesa, président du pays de 2003 à 2005. Selon la loi électorale du pays, l’organisation d’un second tour n’est pas nécessaire si un candidat a obtenu plus de 40 % des voix et 10 points d’avance sur la personne arrivée en deuxième position. Depuis la publication des premiers résultats provisoires dimanche, plaçant Evo Morales en tête du scrutin, des manifestations et des émeutes ont eu lieu dans le pays, tandis qu’une grève générale a été lancée mardi soir à l’appel du Comité Pro-Santa Cruz, qui réunit plusieurs organisations de la société civile.

Pourquoi les résultats sont-ils contestés ?

Les résultats sont contestés depuis que le Tribunal supérieur électoral (TSE) a suspendu dimanche soir la publication des résultats partiels du scrutin, qui laissaient présager un deuxième tour, avant de la reprendre lundi. Les observateurs du scrutin issus de l’Organisation des États américains, qui regroupe 35 gouvernements du continent américain, ont alors fait part de leur « profonde inquiétude et surprise face au changement radical et difficile à justifier concernant la tendance des résultats préliminaires ». Mardi, le vice-président du TSE a annoncé sa démission, critiquant le système de décompte. Les opposants d’Evo Morales contestent aussi le fait que celui-ci brigue un quatrième mandat, alors que les électeurs s’étaient prononcés contre l’augmentation du nombre maximum de mandats présidentiels lors d’un référendum en 2016.

Quel est le bilan d’Evo Morales ?

Au pouvoir depuis 2006, Evo Morales est le premier président indigène à avoir été élu dans le pays. Dès la première année, il a nationalisé la production des hydrocarbures, qui constituent la première exportation du pays. Les recettes ainsi dégagées lui ont permis de financer plusieurs mesures sociales, concernant la retraite, la santé et l’éducation, et de lancer une politique de grands travaux pour construire des infrastructures de transports et d’énergie. Depuis son arrivée au pouvoir, le PIB (la production totale au sein d’un pays) a été multiplié par trois et le taux de pauvreté a été divisé par deux, selon les données de la Banque mondiale. En 2009, il a fait adopter une réforme de la Constitution qui reconnaît l’existence et la spécificité culturelle des groupes et des langues indigènes en Bolivie.