28 octobre 2019

Tout s'explique

Les États-Unis annoncent la mort d’al-Baghdadi

Comment s’est déroulée l’opération qui a conduit à la mort d’al-Baghdadi ?

Le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncé hier la mort, dans la nuit de samedi à dimanche, du dirigeant de l’organisation État islamique (EI), Abou Bakr al-Baghdadi. Les forces américaines ont mené un raid contre la maison où se trouvait Abou Bakr al-Baghdadi au nord d’Idlib, en Syrie. Selon Donald Trump, celui-ci a activé une ceinture d’explosifs qu’il portait sur lui alors qu’il était retranché dans un tunnel sans issue. Des tests ADN ont permis son « identification certaine et positive », d’après le président américain. L’opération a duré environ deux heures. Elle a fait au moins neuf morts, selon l’OSDH, une organisation basée au Royaume-Uni disposant d’un réseau d’informateurs en Syrie. Donald Trump a remercié l’Irak, la Russie, la Syrie, la Turquie ainsi que les Kurdes syriens pour leur soutien dans cette opération.

Qui est Abou Bakr al-Baghdadi ?

Abou Bakr al-Baghdadi a été membre du groupe Al-Qaïda en Irak après l’invasion du pays par l’armée américaine en 2003, puis il a pris la tête de l’EI en 2010. Il a fait sa première apparition publique en tant que dirigeant de l’EI en 2014 lorsqu’il a annoncé depuis la ville irakienne de Mossoul la création du « califat » de l’État islamique, sur un territoire s’étendant sur une partie de la Syrie et de l’Irak. Depuis qu’il a pris la tête de l’EI, l’organisation a revendiqué de nombreux attentats, dont ceux commis à Paris en janvier puis en novembre 2015. La dernière apparition d’Abou Bakr al-Baghdadi remonte à une vidéo de propagande diffusée fin avril, dans laquelle il affirmait que le combat contre l’Occident était « une longue bataille ». En septembre, son organisation avait diffusé un message audio dans lequel il appelait ses partisans à secourir les djihadistes détenus dans les prisons et les camps de déplacés en Syrie et en Irak.

Où en est le groupe État islamique ?

La mort d’Abou Bakr al-Baghdadi « ne signifie pas la fin de la lutte contre Daech », autre nom de l’EI, a déclaré la ministre française des Armées, Florence Parly, dans une interview au Parisien. En mars, les Forces démocratiques syriennes, une alliance arabo-kurde soutenue par la coalition internationale antidjihadiste, ont annoncé la fin du « califat » de l’EI, après la prise de Baghouz, en Syrie. L’organisation conserve toutefois des cellules clandestines en Syrie et en Irak. Les départements américains d’État et de la Défense estimaient en juin, dans un rapport remis au Congrès américain, qu’entre 14 000 et 18 000 combattants du groupe étaient encore présents dans les deux pays. L’EI a été responsable de 735 attaques terroristes en 2018, selon la Global Terrorism Database, une base de données recensant les actes terroristes depuis les années 1970 gérée par un centre de recherches de l’université du Maryland, aux États-Unis.