29 octobre 2019

Tout s'explique

Des propositions contre les violences conjugales

Quelles idées ont émergé lors du Grenelle des violences conjugales ?

Les 11 groupes formés pour le Grenelle des violences conjugales, une série de rencontres inaugurée le 3 septembre, ont remis aujourd’hui leurs conclusions au gouvernement. Rassemblés autour de 11 thématiques, des ministres, des experts, des représentants d’associations, d’administrations et des citoyens ont rédigé 60 propositions. Parmi elles figure la mise en place d’un protocole clair pour accueillir les victimes dans les commissariats et les gendarmeries. La commission consacrée à la justice plaide pour que les médecins et soignants puissent avertir les autorités sans l’accord des victimes, en cas de risque sérieux. Un autre groupe de travail propose que les entreprises facilitent le changement de lieu d’activité des victimes. Il est aussi demandé que le « suicide forcé », c’est-à-dire le suicide provoqué par des violences psychologiques d’un conjoint, devienne une circonstance aggravante dans le Code pénal. Le gouvernement doit annoncer les mesures issues de ce Grenelle le 25 novembre.

Quelles sont les propositions face aux « violences économiques » ?

Un groupe de travail, mené par l’eurodéputée LREM Chrysoula Zacharopoulou, était chargé des violences économiques. Ces violences se traduisent par l’utilisation de pressions financières par un conjoint pour dominer sa ou son partenaire. Le groupe de travail demande notamment une définition juridique claire des violences économiques pour simplifier les poursuites. Il recommande aussi que les banques soient incitées à proposer des solutions d’urgence aux victimes comme des aménagements de dette ou des avances financières. Dans une interview au quotidien La Croix, la secrétaire d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, a affirmé que ces sujets feraient partie d’un futur projet de loi pour l’émancipation économique des femmes. La secrétaire d’État a dévoilé en août les contours de ce projet de loi qu’elle portera en 2020 aux côtés du ministre de l’Économie, Bruno Le Maire.

Pour quelles raisons ce Grenelle est-il organisé ?

Marlène Schiappa, avait annoncé début juillet l’organisation à partir de début septembre de ce Grenelle contre les violences conjugales. S’appuyant sur une enquête menée chaque année de 2012 à 2018 en France métropolitaine, le site gouvernemental de lutte contre les violences faites aux femmes rappelle que 219 000 femmes de 18 à 75 ans sont en moyenne victimes d’abus physiques ou sexuels commis par leur partenaire ou par un ex, soit 1 % de la population concernée. Selon la même enquête, 94 000 femmes de 18 à 75 ans sont victimes de viol ou de tentative de viol chaque année. Dans 91 % des cas, ces agressions sont commises par une personne qu’elles connaissent. 125 femmes ont été tuées par leur compagnon ou par un ex depuis le début de l’année, selon un décompte tenu par des militantes sur une page Facebook.