31 octobre 2019

Tout s'explique

PSA et Fiat Chrysler annoncent leur projet de fusion

Que prévoient PSA et Fiat Chrysler ?

Les groupes automobiles français PSA (Peugeot, Citroën) et italo-américain FCA (Fiat, Chrysler) ont annoncé ce matin qu’ils étaient convenus « à l’unanimité d’œuvrer en vue d’une fusion » de leurs activités. Selon les constructeurs, le projet est de créer une nouvelle entité aux Pays-Bas. Le nouveau groupe s’imposerait comme le quatrième constructeur mondial en nombre de véhicules vendus chaque année (8,7 millions l’an dernier). Les constructeurs prévoient que son capital soit détenu à parité entre les actionnaires de PSA et de FCA. Ils prévoient également que le président de FCA, l’Italien John Elkann, devienne le président du conseil d’administration de la nouvelle entité, tandis que le président de PSA, le Portugais Carlos Tavares, en prendrait la direction générale. Les dirigeants doivent finaliser les discussions « dans les prochaines semaines ». Un projet de regroupement entre FCA et Renault avait été abandonné en juin.

Quelle est l’ambition de la nouvelle entité ?

PSA et FCA sont complémentaires, le premier étant particulièrement actif en Europe tandis que le second l’est sur le continent américain. Ensemble, ils pourraient distribuer des véhicules dans tous les segments, depuis les voitures de tourisme jusqu’aux poids lourds. PSA et FCA, qui emploient 400 000 personnes, évaluent à plus de 3,7 milliards d’euros les synergies annuelles possibles à travers la mise en commun de plateformes de production, d’investissements et d’achats et ce, « sans fermeture d’usine ». Ils souhaitent renforcer leur recherche et développement dans « les moteurs électrifiés, la voiture autonome et les technologies digitales et connectées ». Le ministère français de l’Économie a déclaré qu’il serait « particulièrement vigilant » sur « la préservation de l’empreinte industrielle en France » et sur « la confirmation de l’engagement du nouveau groupe sur la création d’une filière industrielle européenne de batteries électriques ».

Comment se porte PSA ?

Les résultats de PSA pour 2018 présentaient plusieurs records, notamment des ventes en hausse de 6,8 % et un bénéfice en progression de 40 % par rapport à 2017. Nommé président en avril 2014, Carlos Tavares est parvenu à redresser le groupe qui était alors au bord de la faillite. PSA avait bénéficié d’un plan de soutien de l’État français et du constructeur chinois Dongfeng qui en étaient devenus actionnaires lors d’une augmentation de capital. Dans Les Échos, le professeur spécialiste de l’histoire industrielle Giuseppe Berta présente Carlos Tavares comme un « surdoué de la réduction des coûts » et également « l’homme qui a réussi à redresser Opel en Allemagne ». PSA a racheté cette marque au constructeur américain General Motors en 2017. PSA a largement réduit ses effectifs en France, qui sont passés dans sa division automobile de 87 000 en 2004 à 53 000 aujourd’hui.