5 novembre 2019

Tout s'explique

Les entreprises françaises face au marché chinois

Qu’ont déclaré Emmanuel Macron et Xi Jinping lors de leur rencontre ?

Emmanuel Macron a commencé hier une visite d’État de trois jours en Chine. « Nous avons besoin d’une plus grande ouverture de la Chine et de son marché », a-t-il déclaré aujourd’hui lors de la cérémonie d’ouverture de la Foire internationale des importations de Shanghai. Le président chinois, Xi Jinping, a appelé à « réduire les barrières commerciales ». Il a également promis que les « portes de la Chine » s’ouvriraient « toujours plus grandes » et a affirmé qu’il fallait « accélérer » les négociations commerciales avec l’Union européenne. Emmanuel Macron est accompagné du futur commissaire européen au Commerce Phil Hogan, des représentants d’entreprises françaises, mais aussi de ceux d’une vingtaine d’entreprises allemandes. Un sommet commercial UE-Chine est prévu au second semestre 2020.

Quelles sont les relations économiques entre la France et la Chine ?

La Chine représentait en 2018 le septième client de la France et son deuxième fournisseur, selon une note du Trésor français. La Chine représentait le plus gros déficit commercial de la France en 2018, avec 29,8 milliards d’euros, même si celui-ci est en recul par rapport à l’année précédente. En 2018, les exportations françaises vers la Chine ont augmenté de 11 % par rapport à l’année précédente, ce qui s’explique principalement par la vente d’avions A350 d’Airbus. La France est le premier fournisseur de la Chine en vins et spiritueux, le deuxième en biens aéronautiques et le troisième en produits pharmaceutiques et cosmétiques. Parmi les pays de l’Union européenne, la France constitue le deuxième fournisseur de la Chine, derrière l’Allemagne.

Quelles difficultés rencontrent les entreprises étrangères pour s’implanter en Chine ?

Emmanuel Macron a demandé aujourd’hui à son homologue chinois un « traitement égal dans l’accès aux subventions et aux marchés publics » pour les entreprises étrangères, ainsi que des « voies de recours » en matière juridique. Selon une enquête portant sur la confiance des entreprises dans la Chine publiée en mai par la Chambre de commerce de l’UE, une organisation indépendante représentant plus de 1 600 entreprises, seules 9 % des entreprises européennes interrogées estimaient que les mesures de libéralisation annoncées en 2018 par le pays étaient « significatives ». 45 % d’entre elles signalaient en outre des restrictions à l’accès au marché chinois, comme des « difficultés d’accès aux licences et aux certifications », l’« imprévisibilité du cadre juridique chinois » et la « mise en œuvre discrétionnaire des réglementations ».