7 novembre 2019

Tout s'explique

La privatisation de la Française des jeux

Quel rôle l’État va-t-il conserver dans la Française des jeux ?

Depuis ce matin, il est possible de réserver des actions de la Française des jeux (FDJ) avant son entrée en bourse prévue le 21 novembre. La FDJ, qui possède le monopole de la loterie nationale, était jusqu’alors détenue à 72 % par l’État. Le gouvernement va céder 52 % du capital et souhaite réserver aux investisseurs particuliers un tiers des actions qu’il met en vente. L’État gardera ainsi 20 % de la FDJ et pourra y conserver un pouvoir de décision. Tout actionnaire qui souhaite posséder plus de 10 % du capital devra obtenir son accord. La privatisation a été prévue dans la loi relative à la croissance et à la transformation des entreprises (dite « Pacte »), adoptée le 11 avril. L’entrée en bourse de la FDJ doit rapporter entre 1,6 et 1,9 milliard d’euros à l’État. Elle a été justifiée par le gouvernement comme un moyen de financer un fonds pour l’innovation et l’industrie.

Que représente la Française des jeux aujourd’hui en France ?

La Française des jeux affirme que 25 millions de personnes ont joué à au moins un de ses 85 jeux en 2018. Elle est aujourd’hui la plus grande entreprise de jeux d’argent et de hasard français. L’entreprise dirigée par Stéphane Pallez assure que les mises progressent de 5 % par an en moyenne depuis 25 ans et estime que le chiffre d’affaires pourrait croître de 3 % à 4 % par an d’ici 2025 . Sur les 15,8 milliards d’euros de mise enregistrés en 2018, la FDJ en a reversé 3,5 à l’État. Malgré la privatisation, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a certifié que l’État conserverait « l’intégralité des recettes fiscales et sociales versées par la FDJ » et que ce montant pourrait « augmenter si l’entreprise croît. »

Quelles sont les entreprises françaises dont l’État est actionnaire ?

Au 23 octobre, l’État possédait des actions dans 88 entreprises, selon l’Agence des participations de l’État (APE), une administration chargée de gérer les parts que l’État détient dans des entreprises. Ces entreprises se situent dans quatre secteurs d’activité : l’énergie, l’industrie, les transports ainsi que les services et finances. La présence de l’État dans leur capital est très variable. Il peut ne détenir que quelques actions ou bien être l’actionnaire majoritaire. Pour certaines entreprises, comme EDF, la loi fixe des pourcentages d’actions en dessous desquels l’État ne peut pas descendre. L’État détenait 83,7 % du capital du fournisseur d’électricité au 30 juin 2019. La loi Pacte prévoit également la privatisation du Groupe ADP (ex-Aéroports de Paris), aujourd’hui détenu à 50 % par l’État.