14 novembre 2019

Tout s'explique

Mobilisation des professionnels hospitaliers

Pourquoi le personnel hospitalier manifeste-t-il ?

L’ensemble des professionnels hospitaliers ainsi que les étudiants étaient appelés aujourd’hui à manifester dans plusieurs villes de France pour réclamer davantage de moyens financiers et humains. Cette mobilisation est portée par le collectif Inter-Hôpitaux et le collectif Inter-Urgences, lui-même à l’origine du mouvement de grève lancé en mars dans les services d’urgence. Selon lui, 268 services d’urgence sur 641 étaient encore en grève lundi. Les deux collectifs réclament une augmentation des salaires, une hausse des effectifs et la réouverture des lits supprimés. Dans une tribune publiée hier dans Le Parisien, 2 000 professionnels de la pédiatrie estiment que « la crise de l’hôpital public » expose « en première ligne les enfants ». Ils affirment qu’ils doivent chaque jour « choisir quel enfant hospitaliser en priorité » et qu’ils sont contraints de transférer des enfants dans des services de réanimation « à plus de 200 km de leur domicile ».

Comment ont évolué les capacités d’accueil des hôpitaux ?

Dans une tribune publiée hier dans Le Monde, 70 directeurs médicaux de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris estiment que le « système s’écroule », la fermeture de « centaines de lits d’hospitalisation » entraînant celle « d’unités de soin ». Depuis 2013, 17 500 lits d’hospitalisation ont été supprimés en France, tandis que 5 300 places en hospitalisation à temps partiel (sans nuitée) ont été créées, selon une étude publiée en octobre par la Drees, le service statistique du ministère de la Santé. Elle précise que « dans un contexte marqué par le vieillissement de la population et l’augmentation des pathologies chroniques », les hôpitaux « s’adaptent et modifient en profondeur leur offre de soins, par le biais notamment du développement de l’hospitalisation à temps partiel ou de l’hospitalisation à domicile ».

Que répond le gouvernement ?

Le gouvernement présentera « mercredi prochain » un nouveau plan de soutien à l’hôpital, a annoncé aujourd’hui Emmanuel Macron. Depuis juin, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a déjà présenté trois séries de mesures pour répondre à la crise des urgences telles que l’instauration d’une prime mensuelle de 100 euros net pour les professionnels des urgences, hors médecins, effective depuis le 1er juillet. Les collectifs Inter-Hôpitaux et Inter-Urgences demandent au gouvernement d’augmenter d’au moins 4 % pour 2020 l’objectif national des dépenses de santé (Ondam). L’Ondam est pour l’instant fixé à 2,3 % dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2020, actuellement débattu au Parlement.