15 novembre 2019

Tout s'explique

La BEI renonce au financement des énergies fossiles

Qu’a décidé la Banque européenne d’investissement ?

La Banque européenne d’investissement (BEI), une institution financière de l’UE, a annoncé hier soir qu’elle cesserait de financer les projets énergétiques en lien avec les énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz) d’ici fin 2021. La BEI a également décidé une nouvelle politique d’investissement qui vise à ce que la moitié de ses opérations d’ici 2025 soient consacrées à des actions de lutte contre le dérèglement climatique et à investir 1 000 milliards d’euros d’ici 2030 dans de tels projets. Ce dernier engagement répond à la promesse portée par la nouvelle présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans son programme. L’objectif de la nouvelle politique de la BEI est d’aligner l’ensemble de ses activités de financement « sur les principes et les objectifs de l’accord de Paris » sur le climat, qui vise à contenir le réchauffement climatique en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels.

Quel est le rôle de la BEI ?

Créée par le traité de Rome de 1957, la BEI, dont le siège est situé au Luxembourg, vise à financer « des projets qui contribuent à réaliser les objectifs de l’Union, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’UE », selon le site de l’Union européenne. Concrètement, elle emprunte de l’argent sur les marchés financiers pour octroyer ensuite des prêts à des conditions avantageuses permettant de financer des projets des secteurs publics et privés. En 2018, elle a accordé 55,6 milliards de prêts, selon son rapport annuel. La BEI se concentre sur quatre domaines, comme elle le décrit sur son site : l’innovation et les compétences, les petites entreprises, les infrastructures et le climat. La BEI est la première institution financière au monde à avoir émis, en 2007, une obligation verte, c’est-à-dire un titre de dette émis sur un marché financier en vue de financer des projets contribuant à la transition écologique.

Quelle est l’ampleur du mouvement de désinvestissement des énergies fossiles ?

La BEI est loin d’être le premier organisme répondant au mouvement de désinvestissement des énergies fossiles. Celui-ci a été initié en 2010 aux États-Unis par des étudiants d’une université de Pennsylvanie, qui ont demandé aux fonds d’investissement gérés par leur université d’exclure de leur portefeuille les entreprises impliquées dans l’extraction des énergies fossiles, afin de lutter contre le dérèglement climatique. Des étudiants d’autres universités ont suivi. L’ONG américaine 350.org a lancé une campagne internationale visant à inciter les entreprises et les organisations à renoncer à leurs investissements dans les énergies fossiles. Elle recense actuellement 1 145 engagements pris. Le fonds souverain norvégien, le plus important fonds d’investissement détenu par un État, a annoncé en 2015 son désinvestissement du secteur du charbon, puis du secteur pétrolier en mars 2019.