20 novembre 2019

Tout s'explique

La protection de l’enfance

Qu’a annoncé Emmanuel Macron pour la protection de l’enfance ?

À l’occasion de la Journée internationale des droits de l’enfant, Emmanuel Macron a annoncé aujourd’hui plusieurs mesures en faveur de la protection de l’enfance lors d’un discours à l’Unesco, une agence de l’ONU pour l’éducation, la science et la culture. Il a promis que les sanctions pour la consultation d’images pédopornographiques seraient portées de deux ans à cinq ans de prison, impliquant une inscription automatique au Fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes. Les personnes qui dirigent des établissements accueillant des mineurs « non seulement pourront mais devront consulter ce fichier quand elles embauchent quelqu’un », a précisé le président. Il a également donné six mois aux fournisseurs d’accès à Internet pour mettre en place un contrôle parental par défaut afin d’éviter l’exposition des plus jeunes à la pornographie. À défaut, une loi imposera ce contrôle parental automatique.

De quelles violences les enfants sont-ils victimes en France ?

Dans un appel publié hier, 35 associations, ONG et collectifs de défense des droits des enfants rappellent qu’un enfant sur cinq vit en situation de pauvreté en France et que 300 000 enfants bénéficient d’une mesure de protection de l’enfance. Les forces de sécurité ont enregistré 22 000 mineurs victimes de violences sexuelles et 100 plaintes pour des mineurs victimes d’infanticides en 2017, selon des données publiées en 2019 par l’Observatoire national de la protection de l’enfance, un groupement d’intérêt public. Les deux tiers des infanticides ont été commis par un membre de la famille. Dans un rapport publié lundi, les services du Défenseur des droits, une autorité administrative indépendante, déplorent l’existence de violences contre les enfants au sein des institutions publiques, comme l’école et les foyers d’accueil.

Qu’est-ce que la Convention relative aux droits de l’enfant ?

La Journée internationale des droits de l’enfant célèbre cette année le 30e anniversaire de la Convention relative aux droits de l’enfant, un texte signé par 197 pays, qui l’ont par la suite tous ratifié à l’exception des États-Unis. La convention garantit entre autres aux enfants un droit à la non-discrimination, à la survie et au développement, à l’opinion et à l’éducation. Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) note que « beaucoup d’enfants parmi les plus démunis n’en récoltent toujours pas les fruits ». Il estime toutefois dans un rapport publié lundi que plusieurs progrès ont été réalisés en 30 ans : « le taux mondial de mortalité des enfants de moins de cinq ans a baissé de près de 60 % » et « la proportion d’enfants en âge d’aller à l’école primaire qui ne sont pas scolarisés est passée de 18 % à 8 % ».