25 novembre 2019

Tout s'explique

Des élections locales défavorables au gouvernement à Hong Kong

Quels sont les résultats des élections locales à Hong Kong ?

2,9 millions d’électeurs ont participé hier aux élections locales de Hong Kong, une région administrative spéciale chinoise, afin d’élire 452 membres des 18 conseils de district du territoire. Les candidats réclamant davantage de démocratie ont remporté 86 % des sièges et la majorité dans 17 d’entre eux. Le taux de participation a largement progressé, passant de 47 % lors du scrutin précédent en 2015 à 71 %. Ces élections locales sont les seules soumises au suffrage universel à Hong Kong. Kenneth Chan, professeur à l’Université baptiste de Hong Kong, estime dans Les Échos que les citoyens « se sont prononcés en faveur des manifestants », qui protestent à Hong Kong depuis juin, et « contre le gouvernement de Carrie Lam », la dirigeante de l’exécutif. Celle-ci a promis aujourd’hui que le gouvernement « écoutera humblement les opinions des citoyens ».

De quels pouvoirs disposent les élus des conseils de district ?

Les conseils de district de Hong Kong n’ont pas de pouvoir législatif. Ils prennent principalement des décisions concernant la vie courante de ces territoires, par exemple sur le ramassage des ordures, le mobilier urbain et les problèmes de voirie. 117 représentants des conseils de district ont également le pouvoir de participer au comité électoral pour choisir le chef de l’exécutif de Hong Kong. Ce comité électoral compte 1 194 membres, le reste des sièges étant principalement attribué à des représentants de plusieurs groupes d’intérêt professionnels, ainsi qu’à des représentants des parlements hongkongais et chinois. Carrie Lam a été élue en 2017, pour un mandat de cinq ans.

Que réclament les manifestants depuis le mois de juin ?

Hong Kong a connu de nombreuses manifestations depuis le mois de juin, qui ont rassemblé jusqu’à 2 millions de personnes mi-juin, selon les organisateurs, sur 7,5 millions d’habitants. Initialement, les manifestants dénonçaient un projet de loi prévoyant de faciliter les extraditions vers certains pays tiers et vers la Chine continentale. Après l’avoir suspendu mi-juin, l’exécutif l’a finalement abandonné début septembre. Les demandes des manifestants s’étaient toutefois déjà élargies. Le Front civil des droits humains, la principale organisation du mouvement de contestation, a défini quatre autres revendications : le suffrage universel pour l’élection du chef de l’exécutif et des membres du Conseil législatif, l’ouverture d’une enquête indépendante sur les violences policières, l’amnistie pour les manifestants arrêtés et l’arrêt de l’utilisation du terme « émeute » par l’exécutif pour décrire les manifestations.