27 novembre 2019

Tout s'explique

Manifestations d’agriculteurs pour de meilleures conditions de travail

Pourquoi les agriculteurs manifestent-ils ?

Plusieurs centaines d’agriculteurs ont manifesté aujourd’hui sur les Champs-Élysées, à Paris, ainsi que sur le boulevard périphérique parisien. D’autres actions ont eu lieu en France. Comme lors des précédentes journées de mobilisation des 8 et 22 octobre, les agriculteurs dénoncent leur faible rémunération, les accords de libre-échange conclus par l’Union européenne – comme le Ceta avec le Canada et le Mercosur avec plusieurs pays d’Amérique du Sud – et le dénigrement dont ils s’estiment victimes, qualifié d’« agribashing ». Selon la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), contactée par Brief.me, plus de 50 intrusions dans des exploitations ont eu lieu depuis le début de l’année et les agriculteurs ont fait face à « plusieurs centaines » de menaces diverses comme des insultes, des lancers de cailloux et des têtes de mort peintes devant leurs fermes.

Quels sont leurs revenus ?

Le revenu mensuel moyen des agriculteurs s’est élevé à 1 390 euros en 2017, selon une étude publiée au début du mois par l’institut national de statistiques Insee. Ce revenu tient compte des aides reçues dans le cadre de la politique agricole commune de l’Union européenne. Le montant varie fortement selon les spécialités des agriculteurs. Il va de 620 euros pour les producteurs d’ovins, caprins et équidés à 2 790 euros pour les viticulteurs et vignerons. Près d’un agriculteur français sur cinq a déclaré un revenu nul, voire un déficit, en 2017. L’Insee rappelle que dans la production agricole, « les revenus varient fortement d’une année sur l’autre », en raison des fluctuations des prix et des événements climatiques ou des maladies qui affectent les récoltes et les cheptels.

Quels étaient les objectifs de la loi sur l’agriculture et l’alimentation ?

Samuel Vandaele, président du syndicat des Jeunes Agriculteurs, a déclaré aujourd’hui sur BFMTV que l’État devait « contrôler les abus des acteurs économiques qui ont trahi les États généraux de l’alimentation ». Ces rencontres qui se sont déroulées en 2017 ont débouché sur la loi sur l’agriculture et l’alimentation, promulguée en novembre 2018, dont l’un des objectifs était l’amélioration des revenus des producteurs. La loi a relevé le seuil de revente à perte, obligeant les distributeurs à vendre les denrées alimentaires à un prix au minimum 10 % plus élevé que celui auquel ils les ont achetées. Selon le ministère de l’Économie, l’argent récupéré par les distributeurs sur les produits de grandes marques doit leur permettre de payer plus cher d’autres produits et d’améliorer ainsi le revenu des agriculteurs qui en sont à l’origine.