3 décembre 2019

Tout s'explique

L’enquête Pisa pointe les inégalités du système éducatif français

Comment se situe la France dans l’enquête Pisa ?

L’OCDE, une organisation regroupant 36 pays parmi les plus industrialisés du monde, a publié aujourd’hui les résultats de l’enquête Pisa (Programme international pour le suivi des acquis), réalisée en 2018 dans 79 pays, auprès de 600 000 élèves de 15 ans. En compréhension de l’écrit, le domaine sur lequel cette édition a mis l’accent, le score moyen des élèves en France est de 493 points, soit légèrement au-dessus de la moyenne de l’OCDE (487 points). À l’inverse, comme c’est déjà le cas depuis 10 ans, la France connaît de fortes inégalités sociales dans son système scolaire. L’écart est en effet de 107 points entre les élèves des milieux les plus favorisés et les plus défavorisés, soit bien au-dessus de l’écart moyen de l’OCDE (89 points). Seuls Israël et le Luxembourg connaissent un écart plus important que la France (122 points).

Qu’est-ce que l’enquête Pisa ?

Menée tous les trois ans depuis 2000 par l’OCDE, l’enquête Pisa mesure les performances des systèmes éducatifs des pays membres et de pays non membres. Le nombre de pays participant à l’étude varie d’une édition à l’autre. Y sont évaluées les capacités des jeunes de 15 ans à utiliser leurs connaissances et leurs compétences en lecture, en mathématiques, en sciences, ainsi que leurs « compétences globales », c’est-à-dire leur capacité à comprendre le monde qui les entoure. Suivant les éditions, l’un de ces domaines est plus ou moins approfondi. Ils ont dû répondre à des épreuves informatisées, sous la forme de questions à choix multiple ou de questions ouvertes. Dans un livre paru en 2016, Daniel Bart et Bertrand Daunay, chercheurs en sciences de l’éducation, reprochent à l’enquête Pisa « beaucoup d’incohérences, de contradictions et incantations ».

Quelles conséquences la France tire-t-elle de ces enquêtes Pisa ?

Wilfried Bos, professeur de recherche en éducation à l’Université technique de Dortmund déclarait en 2016 aux Échos que la première enquête Pisa avait « ouvert les yeux » des Allemands sur leur système éducatif et les avait poussés à des réformes. Plusieurs ministres français de l’Éducation, de Xavier Darcos en 2008 à Najat Vallaud-Belkacem en 2016 ont évoqué un « choc Pisa » pour qualifier la prise de conscience des difficultés révélées par les enquêtes successives. La ministre socialiste avait ainsi justifié la politique de son gouvernement en matière de recrutement et de formation d’enseignants. Dans un communiqué publié aujourd’hui, le ministère de l’Éducation nationale estime que le diagnostic de l’enquête Pisa justifie ses mesures rendant l’instruction obligatoire dès trois ans et divisant par deux le nombre d’élèves par classe de CP et de CE1 en zone d’éducation prioritaire.