11 décembre 2019

Tout s'explique

Le gouvernement présente son projet de réforme des retraites

Quel est le projet présenté par Édouard Philippe ?

Le Premier ministre, Édouard Philippe, a présenté ce midi le projet gouvernemental de réforme des retraites mettant en place un système universel par points. Présenté comme plus lisible et plus juste, en particulier pour les femmes et les plus précaires, ce système maintient à 62 ans l’âge à partir duquel il est possible de toucher une pension de retraite, mais introduit un « âge d’équilibre » ayant pour but d’assurer la pérennité financière du système. Les personnes qui partiraient en retraite avant cet âge d’équilibre subiraient un malus sur leur pension, celles qui partiraient après obtiendraient un bonus. Édouard Philippe a déclaré qu’il reviendrait aux partenaires sociaux, appelés à assurer la gouvernance du nouveau système, de « fixer une trajectoire de retour à l’équilibre ». Il dit ainsi avoir entendu les critiques de plusieurs syndicats, comme la CFDT, qui reprochaient au gouvernement de vouloir à la fois changer de système et introduire des mesures pour assurer l’équilibre financier.

Quand la réforme doit-elle s’appliquer ?

Le Premier ministre a déclaré que la réforme, si elle est adoptée par le Parlement qui doit l’examiner à partir de février, s’appliquerait aux nouveaux entrants sur le marché du travail dès 2022. Les personnes nées en 1975 ou après [PDF] entreront dans le système universel de retraite en 2025. Les droits qu’elles auront acquis auparavant seront garantis selon les anciennes règles. Le nouveau système ne s’appliquera pas aux personnes nées avant 1975. Pour certains fonctionnaires et bénéficiaires de régimes spéciaux – qui sont les plus mobilisés dans la grève qui a débuté jeudi – la réforme ne concernera que les personnes nées à partir de 1980, voire de 1985.

Comment réagissent les syndicats ?

Le syndicat Force ouvrière, qui fait partie des organisations ayant appelé à la grève commencée la semaine dernière, a réaffirmé son opposition à la réforme. Elle lui reproche en particulier d’asseoir le calcul des pensions sur toute la carrière contrairement au système actuel qui prend en compte les meilleures années. La CFDT, qui s’était montrée favorable à la mise en place d’un système de retraite universel par points, a estimé qu’« avec l’instauration d’un âge d’équilibre à 64 ans, une ligne rouge a été franchie ». Francette Popineau, co-secrétaire générale du syndicat des enseignants des écoles SNUipp-FSU, a estimé que le gouvernement ne répondait « pas clairement » aux inquiétudes des enseignants, que le nouveau mode de calcul des retraites désavantage. Le Premier ministre a promis d’inscrire dans la loi la « garantie » que le niveau de retraite des enseignants soit « comparable au niveau des retraites » des métiers équivalents dans la fonction publique.