12 décembre 2019

Tout s'explique

Le « Pacte vert » de la Commission européenne

Qu’a annoncé Ursula von der Leyen ?

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a présenté hier devant le Parlement européen et aujourd’hui devant le Conseil européen, qui réunit les 28 dirigeants des États membres, le Pacte vert pour l’Europe, un ensemble de 50 mesures devant permettre à l’UE de faire sa transition écologique d’ici 2050. Ce plan prévoit d’atteindre à cette date la neutralité climatique, soit l’équilibre entre les émissions de gaz à effet de serre et leur élimination de l’atmosphère. Ursula von der Leyen a expliqué qu’au-delà de la réduction des émissions, le Pacte vert avait pour ambition de construire un nouveau modèle de croissance qui ne soit plus « basé sur les énergies fossiles » comme le pétrole, le gaz et le charbon. Parmi les mesures, qui devront être adoptées par le Parlement européen et le Conseil européen, figure le lancement d’un plan d’investissement de 1 000 milliards d’euros sur 10 ans et l’instauration d’une taxe carbone aux frontières de l’UE.

Comment ce pacte est-il accueilli par les défenseurs de l’environnement ?

Le Réseau action climat (RAC), qui fédère 22 associations françaises impliquées dans la lutte contre le changement climatique telles que Greenpeace et France nature environnement, juge « prometteuses » les mesures proposées par le Pacte vert. Il déplore toutefois qu’un certain nombre d’entre elles soient « encore floues ». Il cite par exemple la rénovation thermique des logements, dont les objectifs ne sont pas définis, ou encore la fin des exonérations fiscales pour le transport maritime et aérien, dont le calendrier est peu précis. Plus globalement, le RAC juge que la part du budget européen 2021-2027 réservé à la transition écologique (25 %) devrait être au moins doublée [PDF]. Il voudrait surtout que l’objectif de neutralité climatique, visée en 2050, soit transformé en une loi, ce qui engagerait « des transformations automatiques sur le court terme ». La députée européenne Marie Toussaint (EELV) a déclaré que ce pacte n’allait pas « assez loin », reprochant à la Commission de penser « encore que la croissance était la solution ».

Quels sont les pays qui s’opposent à ces objectifs climatiques ?

Réuni en sommet aujourd’hui et demain, le Conseil européen doit discuter de l’opportunité d’un objectif de neutralité climatique en 2050. Il n’était pas parvenu à adopter cet objectif en juin du fait de l’opposition de quatre États membres – la Pologne, la Hongrie, la République tchèque et l’Estonie. Très dépendants du charbon, ces pays réclamaient davantage d’aides financières pour effectuer cette transition. La neutralité climatique ne consiste pas à réduire à zéro les émissions de gaz à effet de serre, mais à les réduire fortement puis à compenser les rejets qui demeurent en augmentant le nombre de puits de carbone naturels (forêts, prairies, etc.). Pour atteindre la neutralité climatique en 2050, l’UE doit réduire ses émissions de gaz à effet de serre d’au moins 50 % en 2030 par rapport à 1990, selon la Commission européenne. Pour l’instant, l’objectif approuvé par les États membres est de 40 %.