16 décembre 2019

Tout s'explique

Un bilan très limité pour la COP25

Quel est le bilan de la COP25 ?

La conférence internationale sur le climat COP25 s’est achevée hier à Madrid, en Espagne, où elle avait débuté deux semaines plus tôt. Son objectif était de faire le point sur les engagements de l’accord de Paris de 2015, ratifié par 186 États et l’Union européenne, et de préparer la COP26, prévue fin 2020. Lors de celle-ci, les parties liées par l’accord devront présenter de nouveaux objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Lors de la COP25, aucun des États les plus pollueurs n’a promis d’engagement supplémentaire d’ici la COP26. 80 États s’y sont toutefois engagés. Ils ne représentent que 10,5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, selon le cercle de réflexion américain World Resources Institute. Aucun engagement n’a été pris non plus pour assurer un financement supplémentaire pour les « pertes et préjudices » enregistrés par les pays les plus vulnérables au changement climatique.

Qu’est-ce que l’article 6 de l’accord de Paris ?

Les négociateurs de la COP25 ont échoué à se mettre d’accord sur l’article 6 de l’accord de Paris. Ce dernier établit un système d’échange de droits d’émissions de gaz à effet de serre entre des pays qui émettent moins que leurs engagements et d’autres qui émettent plus. Il doit remplacer des mécanismes mis en place par le protocole de Kyoto, entré en vigueur en 2005, qui arrivent à leur terme en 2020. Mais l’article 6 de l’accord de Paris ne définit pas les modalités d’application concrète de ce mécanisme. Les États ne parviennent pas à s’entendre sur la manière d’attribuer ces rachats de quantités de gaz à effet de serre non émis pour que le pays qui les vend et le pays qui les achète ne les comptabilisent pas tous les deux dans leurs engagements de réduction d’émissions, ce qui conduirait à les compter deux fois.

Quelles sont les réactions ?

« La communauté internationale a perdu une occasion importante de faire preuve d’une ambition plus grande », a déclaré hier soir le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres. « Je n’ai jamais vu la déconnexion presque totale que nous avons constatée ici entre ce que la science exige et ce que la population mondiale réclame, et ce que les négociations donnent en termes de mesures concrètes », a affirmé de son côté Alden Meyer, directeur de la stratégie de l’Union of Concerned Scientists, une ONG américaine de scientifiques et de citoyens, qui participe aux COP depuis 1991. Le fonctionnement des COP a aussi été remis en question par Jennifer Morgan, directrice exécutive de l’ONG de défense de l’environnement Greenpeace : « Les gouvernements doivent repenser complètement la manière dont ils s’y prennent, car le résultat de cette COP, marquée par un délit de fuite des puissantes économies du carbone, est totalement inacceptable. »